Chapitre IX (Partie I)
Il faisait froid, c’était le cas de le dire. Eux qui avaient l’habitude de l’humidité, ils ne se feront jamais au vent glacial. Silencieusement, ils se dirigeaient vers la station de métro la plus proche. Sans doute qu’il était, à peu près, dix-neuf heures du soir. L’air de rien, Kassian adorait sortir la nuit, surtout en si bonne compagnie, bien que l’air était un peu tendu entre eux…
Jelski marchait à l’avant, avec Miko à ses pieds. Ils parlaient en mimant des gestes. Cela semblait être une discussion extrêmement divertissante… Si bien que Kassia décida de discrètement les écouter. Il se rapprocha lentement, et tendit l’oreille.
- … Mais c’pas ça que j’essaye de te dire ! Miko, écoute… Il se force à faire tout ça. Je sais qu’il veut pas, et qu’au fond d’lui, tout c’qu’il souhaite, c’est de rester…
Une main agile se posa sur son crâne blond, le rappelant à l’ordre. Kassian sursauta, tandis que Kate lui lança un regard mi-amusé, mi-sévère.
- On peut savoir c’que tu f’sais ?
- J’écoutais ! Lâche-moi, je sais que ça concernait Andrea ! S’énerva l’adolescent.
- Justement. On écoute pas aux portes.
- Mais où t’as vu une porte ?! S’offusqua le gamin, trop énervé pour faire allusion à la métaphore.
Kate soupira, et continua de marcher. Lui et Kassia se trouvaient derrière le polonais et le lituanien, qui ne semblaient pas s’intéresser à eux. Le russe choisit dont ce moment opportun pour parler d’un certain sujet avec le gamin.
- Alors, avec Kristian ?
L’adolescent rougit.
- Quoi, Kris… ? Murmura-t-il d’une voix à peine audible.
- J’ne l’aime pas.
- Et alors ? Je m’enfiche, je..
Kassian se tut. Ce qu’il s’apprêtait à dire était non seulement faux, mais de plus, il ne se fichait pas du tout de l’avis de Kate… Et que celui-ci engage en premier la conversation l’aidait énormément.
- Pourquoi tu l’aimes pas ?
- J’répondrais pas à cette question.
Le silence retomba, dur comme fer. L’ukrainien réouvrit la bouche, faisant un reproche à son aîné.
- T’sais, si tu commences à cacher des trucs toi aussi, on aura pas du tout une bonne communication… Y’aura pas moyen d’causer, quoi ! C’est déjà limite l’enfer avec les trois autres boulets, alors t’y mets pas..
- Oh. Parce qu’avec moi, ce n’est pas encore l’enfer ?
Kassian fronça les sourcils, et le regardant durement.
- Hé ! C’pas parce que je dis ça que tu dois d’venir pire !
Kate éclata de rire et ébouriffa les cheveux du gosse.
Waaah… Je hais quand Miko fait ça, mais Kate…
C’était fou comme le russe pouvait être lunatique. Une fois le pire des hommes, une autre fois le plus mignon des agneaux… Il était incompréhensible.
Quand l’adolescent sortit de ses rêveries, ils se retrouvaient à l’entrée de la station. Ils y entrèrent, effrayant un peu les personnes présentes qui les évitaient. Il était vrai que quand ils étaient en petit groupe, les jeunes paraissaient terrifiants.
Montant dans le dernier wagon, là où généralement vous êtes le plus tranquille, ils s’assirent sur les sièges libres.
- Bon ? Où elle habitait, encore ? S’impatienta Jelski.
- Tu parles comme si t’as déjà été chez elle… Ironisa le gamin.
- Contente-toi de répondre à ma question.
- Faut descendre dans quatre arrêts, Répliqua Kassian d’une insupportable voix « je sais tout sur tout ».
Le lituanien hocha la tête, et perdit son regard à travers la vitre. Miko l’observa d’un air compassionnel, ce qui attisa la curiosité de Kassia. Mais avant que celui-ci ne puisse poser de question au polonais, Kate le brusqua :
- Le sexe avec Klara, c’est fun ?
L’ukrainien écarquilla les yeux, intimidé de parler de cela avec Kate.
- Euh…
- T’es sorti combien de temps avec elle ?
- Mais c’est pas mon ex ! On n’est pas sorti ensemble !
Le russe haussa un sourcil, ne semblant pas tout comprendre.
- On a juste couché ensemble, c’est tout !
Miko, qui entendait leur conversation, eut un sourire moqueur.
- En fait, Dit-il, s’incrustant dans leur conversation, Kassia l’a payée pour qu’il ne soit plus vierge. T’sais, pour le style.
- Mais non ! C’est pas du tout ça ! Se défendit Kassian.
- Ooooh… Pour ça… Hé bien, hé bien, n’as-tu donc aucun respect pour les femmes ? Sourit le russe, sarcastique.
L’adolescent leur lança un regard hautain, avant de se lever et d’attendre impatiemment le quatrième arrêt. Il ne supportait plus la complicité de ses frères. Ca devenait vraiment… Aaargh !!
Sept petites minutes passèrent quand Kassian descendit sans avertir personne. Les trois retardataires coururent jusqu’aux portes, et quittèrent le wagon de justesse.
- Kassia, tu pouvais nous prévenir qu’on descendait !
Celui-ci ne leur répondit même pas, et continua, avec une totale indifférence, son chemin.
- Quelle tête butée quand il s’y met, c’lui-là… Marmonna Kate de mauvaise grâce.
- Un peu comme toi, j’dirais, se moqua Miko.
Le russe lui adressa un petit sourire en coin, avant de reporter son regard sur les lieux environnants. Il se sentait quelque peu mal à l’aise, face à ces décors de bourge… De grandes maisons toutes parfaites, chacune ayant son jardin gigantesque…
- Dites-moi… Cette Klara… C’est une richarde ?
- Bah ouais, une bourgeoise à son papa, Répliqua Miko avec amusement.
- Ouais, Kassian s’était tiré le gros lot, en quelque sorte ! Affirma Jelski.
Kate posa alors ses yeux sur l’ukrainien, qui marchait à l’avant. Pourquoi avait-il laissé tomber une fille qui pouvait le sortir de la misère ? C’était très étrange, pour lui qui aurait été le premier à manipuler une riche pour son propre intérêt.
Ils arrivèrent devant la porte d’une villa, d’où on pouvait apercevoir une piscine remplie de gens qui riaient aux éclats. La musique tambourinait sur tout le quartier, mais personne ne semblait vouloir se plaindre. « Le père de Klara paye les voisins pour leur silence », apprit Miko à Kate.
La porte s’ouvrit sur une jeune demoiselle, vêtue d’un simple bikini malgré l’air frais.
- Hey Kassia, Dit-elle enjouée, Klara est sur la terrasse !
Une fois de plus, trop long, désolée. J'espère que ça ne dérange pas trop que je coupe ainsi les chapitres.



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