Mardi 6 mai 2008

Chapitre XVI

 

 

« Puisqu’on est là, autant honorer les traditions »

 

Cassi écarquilla les yeux, se demandant un nombre incalculable de fois s’il avait ou non entendu ce qui venait de transpercer ses tympans. Il n’osa pas tourner ses yeux vers Aurèle, à qui il sentait le souffle chaud sur sa joue. Les mains légèrement tremblantes, il remonta un peu plus les couvertures sur ses épaules, soudainement intimidé.

 

Un petit rire moqueur résonna, le laissant perplexe. Les deux mains d’Aurèle eurent l’audace de rabaisser la couverture jusqu’aux hanches du prince. Celui-ci resta bouche bée et silencieux pour autant.

 

Des doigts frôlèrent sa peau, se frayant un chemin du nombril à la poitrine frémissante. Les lèvres du villageois se posèrent sur sa nuque, dans le but d’apaiser l’héritier, ce qui n’échoua guère.

 

Un soupir de surprise s’échappa de la bouche de Cassidy quand Aurèle colla tout son corps à celui du prince, lui caressant les jambes avec retenue et timidité. L’héritier ferma les yeux, frémissant au contacte de sa peau contre celle de l’agriculteur.

 

Celui-ci s’empara délicatement du menton de son hôte, croisant sérieusement son regard d’un vert étincelant.

 

-          Durant ton absence, tu m’as manqué. C’est ce qui me fut le plus dur à admettre, Révéla Aurèle dans un ton mélancolique empli de nostalgie.

 

Le cœur de Cassi se resserra à lui faire mal. Il ne savait pas comment il devait prendre cette nouvelle. A l’air abattu de son jules, il se doutait que c’était un reproche qu’on lui faisait.

 

-          Je devenais irritable et fou de colère à la simple idée de te penser avec ta future épouse, Continua-t-il étant donné que le prince gardait silence.

 

Toujours aucune réponse ne parvint à Aurèle, le décevant un peu. Mais il voulait profiter de cette occasion pour déballer les souffrances que son cœur a pu subir ces derniers temps. Cassidy en était la seule et véritable cause.

 

-          J’ai été hystérique et stupidement jaloux, Cassi ! Est-elle belle ? Te plait-elle ? Lui as-tu déjà voué ton cœur ?!

 

L’héritier resserra le malheureux coussin qui se trouvait dans ses bras au moment même. Il ne supportait pas entendre Aurèle lui dire toutes ses choses. Il ne devait pas les dire ! Ce n’était pas raisonnable ! Croit-il peut-être qu’il n’avait pas pensé à lui ? Jour et nuit, il comptait les secondes qui s’écroulaient, le rapprochant du moment où il réintégrerait son royaume !

 

Mais tout cela ne devait pas s’échapper de sa bouche. Il n’était pas convenable pour un futur roi de s’égarer ainsi de ses ambitions…

 

-          Cassi ? Murmura Aurèle dans un chuchotement plaintif.

 

L’interpellé osa un regard envers son interlocuteur. Ils se fixèrent, discutaillant silencieusement par le simple biais d’un échange oculaire. Le prince finit par, dans un élan de soumission, opiner les propos de l’adolescent en baissant maladroitement les yeux.

 

-          Très bien, j’ai compris. J’ai parfaitement compris ! Se vexa Aurèle, qui rétabli un écart important entre leur deux corps.

 

Il se sentait à présent ridicule d’avoir implicitement déclarer ses sentiments les plus ambigus. Il espérait à présent que ce prince soit assez emmanché pour ne pas avoir saisi ses précédentes paroles.

 

-          Tu m’as manqué également, Finit par avouer l’héritier à son tour. Je suis sincèrement désolé pour tout ça…

 

Un éblouissant sourire se dessina lentement sur le visage illuminé du jeune homme. Celui-ci se rapprocha à nouveau de Cassidy, et frotta le bout de son nez à celui du prince, pour qui les joues fusèrent violemment au rouge.

 

-          Tu es adorable, quand tu rougis.. Souffla le fermier.

 

De brutes pas résonnèrent dans le couloir, exaspérant le prince qui se renfrogna sous ses couvertures.

 

-         Qu’est-ce qu’il y a ? S’inquiéta l’areur.

-         C’est mon père… Il.. Il envoie sûrement quelqu’un pour… Venir vérifier si.. Si je… Si je…

 

Aurèle sourit simplement à Cassi, qui était plus qu’embarrassé. Il lui lança un « J’ai compris » seyant, rassurant amplement l’héritier qui ne devait pas se forcer à terminer sa maudite phrase.

 

Une main hésitante se posa sur une de ses joues, tandis que l’autre remontait les draps sur leurs corps dénudés. Cassidy laissa faire son amant. La confiance étant à son maximum, il savait que celui-ci ne négligerait rien…

 

Rapprochant étroitement leur corps l’un à l’autre, Aurèle s’accorda à voler un baiser qui surprit le prince. Écartant leur visage pour se scruter un court moment, Cassi finit par céder à son désir constant. Il scella une seconde fois leurs lèvres dans un élan de velléité qui fit sourire le jeune fermier.

 

Celui-ci laissa ses mains se balader sur le dos du conjoint, où de fines arabesques y étaient dessinées. Son chemin se suivit jusqu’au creux des reins de l’élu, qui avait refermé ses paupières pour un ressenti plus vaste des émotions qui grouillaient dans son for intérieur.

 

-         Et si nous montrions à l'espion du roi que le prince est digne de confiance ? Murmura Aurèle, le regard malicieux.

 

L'héritier ne put qu'esquisser un sourire complice, démontrant à l'agriculteur que l'envie de son compagnon était tout aussi présent que le sien. Le blond se redressa sur ses coudes, frôlant du bout de ses doigts les plaisantes lèvres de son amant, qui entrouvrit la bouche à l'approche du prince. Ils mêlèrent leur langue dans un lent élan, où chacun prit le temps de savourer le goût exquis du plaisir charnel.

 

Tout en l’observant, Aurèle semblait se baisser, se dirigeant lentement vers les jambes nues du prince. Alors que celui mimait un « non » de la tête tout en cachant sa virilité à l’aide de ses mains, l’agriculteur le força à perdre sa pudeur inutile. Il lui susurra un « Tu m’as choisi, tu devras me supporter » que Cassidy reçu de mauvaise grâce.

 

Le rouge aux joues et les doigts tremblants, il retira ses mains très lentement, n’appréciant pas de se découvrir ainsi.

 

Des doigts agrippèrent maladroitement son sexe, lui faisant tout à coup oublier qu’il était dans sa plus simple tenue. Seul maintenant comptait Aurèle et ses agissements plaisants. Celui-ci frôlait ses testicules avec une insistance qui attisait l’envie du futur roi.

 

Cassi, souhaitant masquer sa respiration qui s’accélérait, agrippa fermement son coussin de chaque côté, mordant légèrement ses lèvres pour s’interdire tout affaiblissement.

 

Le français le masturbait d’une incontestable manière, se remémorant lui-même ses plaisirs solitaires pour satisfaire au maximum son jeune amant…

 

Un râle mêlé de satisfaction et de jouissance s’échappa de la bouche entrouverte du prince lorsque, sans avertir, Aurèle longea sa langue humide le long de la verge avec une liante cadence.

 

Extasié par cette première expérience, Cassidy laissa de côté sa timidité, et saisit d’une main décisive les cheveux blonds de son compagnon. Après quelques coups de langue qui devinrent plus langoureux, celui-ci introduit l’érection de l’héritier dans sa bouche, collant instinctivement sa langue au sexe. Des va et viens de plus en plus osés et satisfaisants s’en suivirent, enclenchant des mouvements de bassin réservés et hésitants au prince.

 

Quand Aurèle se retira sous l’insistance de Cassi, celui-ci éjacula sur le torse de son conjoint. L’agriculteur sourit face à la gêne perceptible du prince. Il se colla aussitôt à son corps, enfouissant son visage au cou parfumé de l’héritier.

 

Ils restèrent un moment ainsi, silencieux, appréciant la douceur de la peau de l’autre… Les heures qui suivirent furent destinées à des caresses, des frottements langoureux, et des baisers loin de là saumâtre.

 

Aucun des deux ne souhaitaient aller plus loin, si ce n’était qu’Aurèle qui semblait avoir du mal à contrôler ses pulsions sexuelles. Cependant, il trouvait également qu’accélérer les choses ne servirait à rien. Prendre le temps de savourer les instants à deux leur semblait plus crucial qu’assouvir un désir à peine naissant.

 

-          Cassi ?

 

Après un silence paisible, le prince l’interrogea de ses yeux perçants.

 

-          On reporte le dîné ? Murmura Aurèle, la voix rauque.

 

Le sourire que lui adressa l’héritier répondit à sa question banale. Bien évidemment, qu’ils reporteraient ce dîné !

 

-          Mais en attendant… Reprit Cassidy, Il faudra se préparer pour le banquet de minuit…

-          Le.. B.. Banquet ? Quel banquet ?

-          Tu n’es pas au courant ?

 

L’air sceptique d’Aurèle le laissa penser que non.

 

-          Il y a un banquet à chaque fête. Puis.. Les hôtes peuvent loger toute la nuit… Dans les appartements royaux… Annonça-t-il timidement.

-          Est-ce une invitation ? Ironisa le blond.

 

Pour simple réponse, Cassidy lui vola un baiser impétueux, voire ardemment fougueux.

 

par Inki Inochi
ajouter un commentaire commentaires (13)    créer un trackback recommander

Calendrier

Mai 2008
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>
cree son blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus