Mercredi 12 décembre 2007
Chapitre XI
Quelle agréable nuit !
En une soirée, les lèvres de Miyabi avaient fait de croustillantes rencontres par deux hommes aussi attirants l’un que l’autre !
L’asiatique n’arrivait plus à se sortir Andy de la tête, ni ses paroles touchantes et sincères… Depuis que celui-ci était parti tel un voleur après lui avoir volé un
baiser furtif, il n’avait fait que danser, refusant tout autre client.
Dans sa loge, alors qu’il se rhabillait, Gustav entra près avoir toqué.
- Miyavi, tu as été
génial !
L’intéressé esquissa un immense sourire victorieux.
- Plusieurs demandeurs t’ont laissé
des pourboires !
Miyabi écarquilla les yeux.
Ok, il était sexy.
Ok, il était irrésistible.
Ok, il était un être magnifique…
Mais il les avait quand même tous remballés ! Et eux lui laissaient encore des sommes en plus… C’était…
- Tu es leur chouchou !
TROP GENIALISSIIIME !!
- Donc, en plus de tes 200€ pour ta
nuit, tu as..
Le directeur compta les billets qui entassaient ses mains.
- 193€ en plus !
- Ce qui fait en tout.. ?
- Bah tu additio.. Roh, 393€ !
Annonça le dirlo d’une voix choquée, pensant que Miyabi était canon mais horriblement con.
Le japonais en fut certes très heureux, il n’en demandait pas plus.. Enfin, c’était façon d’parler, 500€ n’aurait fait de mal à personne, et surtout pas à
lui !
Quand Gustav s’apprêta à sortir, l’asiatique le retint vivement.
- Dites, vous auriez des infos sur
les clients ? Essaya Miyabi en pensant à Andy.
- Non, à part leur compte bancaire,
rien d’autre ne nous intéresse ! Ricana le directeur, imitant le geste désignant l’argent à la main. Il continua cependant avec un brin de sérieux : Les clients préfèrent rester
anonyme.
Les clients souhaitaient l’anonymat ? Alors pourquoi Andy s’était-il présenté… ? Miyabi était-il une exception pour lui ?
Alors que le cœur du japonais entamait des sursauts excités, Miyabi ne vit pas son patron quitter la pièce. Son stupide sourire béat scotché aux lèvres et ses yeux
divagants, il rentrait à son appartement tout en fredonnant des airs navrants.
Quand il referma la porte d’entrée, les aiguilles jaunes de sa montre colorée indiquaient 07h29.
Miyabi s’enferma instinctivement dans la salle de bain, pour une longue douche méritée. Ensuite, il se prit un petit-déjeuner digne de ce nom, pour enfin aller se
coucher…
- Et alors ? T’as dit quoi,
ensuite ?
- « Désolé »…
- Quoi ?!
- Oui, j’ai dit
« Désolé » ! Je suis con, je sais !! J’ai dit un putain de « Désolé » ! Et j’me suis enfui comme une meuf !
Le collègue de travail tomba de sa chaise tellement son fou rire était intense. Le second infirmier ne trouva pas cela si marrant que ça, mais ne broncha pas et garda
sa mauvaise humeur pour lui.
- Mathis, t’es vraiment un gros
con !! HAAAAHAHAHHAAA !!
- Oui bon, ça va, je pense que tout
l’hôpital à compris là, arrête de rire aussi fort !
Il soupira en constatant que son ami n’arrangeait pas sa situation.
- On n’aurait peut-être jamais
du faire ça..
Billy, le fameux collègue chiant, se leva d’un bond précipité et annonça d’une voix enjouée :
- Bon, t’as peut-être fini ton
service, mais pas moi ! A demain !
Mathis se prit la tête entre les mains, soupirant bruyamment. Voilà déjà trois heures qu’il avait fini son service, et il n’osait toujours pas rentrer. Il avait, comme
on dit, les boules…
Il se décida finalement à bouger. Il n’était tout de même pas un de ces mecs faibles qui.. Préféraient… Fuir…
- Bon allez, j’squatte encore une
petite vingtaine de minutes et..
Hum..
- Non ! Je dois la
rejoindre ! Elle doit se faire un sang d’encre ! Se persuada-il en se ruant à la porte des vestiaires.
Les quelques heures de sommeil qu’a eu Miyabi lui avait suffit à retaper la forme, ce qui expliquait sans nul doute le fait que la musique était à son maximum, et qu’il
se trinballait en robe de nuit rose bonbon dans le salon.
Il s’entraînait à danser avec le plus de professionnalisme possible. Il voulait attirer Andy dans ses filets, et il l’aurait, c’était indéniable, incontestable,
c’était... C’était logique !
Sa bonne humeur parvint même à lui faire inventer de nouveaux pas de danse Made Miyavi, tant dans les gestes que dans le regard.
Le bruit de clé malvenue l’interrompit dans son délire. C'était Mathis. Il avait décidé de l’ignorer, et de faire comme si jamais ses lèvres n’avaient basculées
sur les siennes… Si douces.. Délicieuses… Ennivr..
Il secoua sa tête et baissa le son de la radio.
- Mathis, bonjour ! Tu es arrivé
bien tard aujourd’hui !
Ouiii elle s’est inquiétée pour moi ! Pensa joyeusement l’infirmier, qui restait néanmoins stoïque.
- Oui, je.. J’ai eu un
empêchement…
M’ouais bah il aurait peut-être pu durer plus longtemps cet empêchement, nân ?!
- Tu as faim ? Reprit-il. J’te
fais un sandwich s’tu veux.
- Non, merci, Miya, je préfère aller
dormir.. Bonne journée à toi…
Il s’enferma dans sa chambre sur ces mots. Mathis avait un insupportable pincement au cœur qu’il essayait vainement d’ignorer. Ca ne lui plaisait pas que Miya nie leur
petit moment intime de la veille… Il savait bien que cela l’arrangeait, mais il ne pouvait pas l’accepter. Ils devraient au moins… En parler !
Miyabi, lui, était vexé, et se demandait de plus en plus s’il embrassait si mal que ça, au point de faire fuir cet imbécile. En tout cas, il ne ferait pas le premier
pas ! C’était lui la nana, non ?!
Il entendit son portable sonner, et couru dans sa chambre respective.
- MOSHI MOSHIII ?
- Haa ! Miyabi ! T’es
pas encore mort ? J’voulais vérifier !
- Nâ sœur chérie, ch’uis vivant, en
santé, et débordant de sexe ! Toi, ça va ?
- Miyabi, c’est drôle un moment
mais c’est tout, arrête de raconter des conneries. Comment réagi ton colloc’ ?
Le japonais réfléchis un instant à la question.
- Je l’ai embrassé.
- MIYABI ! QU’EST-CE QUE JE
T’AVAIS D..
- Oui oui je sais, que je ne devais
rien faire de tout cela, mais que veux-tu, il est irrésistible le petit !
- Idiot ! Il doit être tout
perdu, maintenant ! Déjà que t’es bizarre de nature !
- Moui..
- Miyabi, je vais venir te rendre
une petite visite, un de ces jours ! ET dans ton travail, ET dans ton appartement.
L’asiatique allait lui hurler un « MON TRAVAIL N’EST PAS UN ENROIT POUR TOI !! » Mais Saito raccrocha. Quelle sale fouine, quand elle s’y
mettait ! Il détestait quand elle raccrochait sur son nez. C’était les seules fois où il n’avait pas le dernier mot, et Dieu que cela le frustrait !
Il reposa le gsm sur son coussin, respirant un bon coup. Il regagna le salon, qui était toujours vide… Il ne put s’empêcher de lancer un regard à la porte close de son
colocataire.
Y aller, ne pas y aller ?
- Y aller !
Il traversa le salon, et au moment où il posa sa main sur la poignée de la porte, celle-ci s’ouvrit à la volée.
Mathis fût surpris de la trouver là.
- T.. Tu voulais peut-être quelque
chose ? Demanda-t-il, semblant se forcer à ne pas faire quelque chose qui lui tiraillait le corps.
Hohooow… S’il est tendu comme ça c’est.. Parce qu’il veut m’embrasser ! HAHA ! Il a peur de me blesser le pauvre petit ! Bon allez, j’vais
l’aider…
- Alors Mathis, on est pressé ?
Lâcha-t-il d’un air volontairement coquin.
L’infirmier rougit. Sa mine adorable se déforma quand il ouvrit la bouche pour prononcer une phrase que Miyabi aurait ne jamais voulu entendre…
- Oui, je voudrais
pisser !

