Samedi 22 mars 2008

Chapitre XI

 

 

Mes paupières étaient tellement lourdes que je n’arrivais pas à les rouvrir. Mes doigts ne me répondaient plus, et mes jambes, je préfèrerais ne pas en parler. Mon estomac me faisait souffrir, comme si une pierre gisait à l’intérieur, me déchirant tout l’organisme. Malgré tout cela, le froid m’empêchait de ressentir toute cette douleur, qui j’espère ne concernait pas Seeta non plus.

 

Nous n’avions pas changé de position, incapables de faire le moindre mouvement. Mes membres tremblaient, en rythme désaccordé avec ceux de l’apprenti. Tant bien que mal, mes yeux s’ouvrirent très lentement, un petit vent glacial faisant picoter mes pupilles.

 

D’abord ma vue floue, je pouvais ensuite apercevoir le visage quelque peu figé de Seeta. Inquiet, je le secouais lentement, puis plus rapidement en constatant qu’il ne bougeait pas sous mes insistances.

 

-                       Seeta ! Seeta, réveille-toi ! M’exclamai-je pressement, retrouvant tout à coup un peu de ma force.

 

J’observais ses yeux cloîtrés, sa bouche presque blanche, et ses joues trop bleues à mon goût. Je passais mes lèvres gercées sur les siennes, et les réchauffaient à ma manière, essayant de le faire réagir. Ce fut là que je sentis qu’il remontait doucement sa main, afin d’agripper ma nuque.

 

Sa bouche s’ouvrait, mais aucun son ne sortait. Plusieurs fois, il fit l’effort, et ne réussit finalement qu’à esquisser un petit sourire.

 

Je souris à mon tour, et embrassa délicatement ses lèvres tremblantes.

 

-                       Jorys ! Cria la voix fatiguée de Stuwart.

 

Je le maudissais intérieurement de me déranger dans ma dégustation, et tourna mon visage vers lui, à travers l’ouverture de la tente.

 

-                       Qu’est-ce qu’il y a ? Murmurais-je d’une voix cassée.

-                       J’ai entendu du bruit ! On aurait dit des bruits hélicoptères ! S’excita-t-il tout en se levant, ignorant l’atroce douleur que ses efforts faisaient subir à ses vieilles jambes.

 

Je me serais bien moquer de lui en rétorquant « La peur de mourir est contagieuse, fait gaffe », mais moi-même je captais un étrange grincement de moteur lointain. Devenais-je fou également ? Parce que, sérieusement, je ne voulais pas commencer à me taper la discussion avec le mur. Malgré tout, je murmurais un « Je reviens » à Seeta, et rejoignit rapidement le vieux dans sa silencieuse observation.

 

Nous nous retrouvions près du trou creusé pour la sortie de Jack, à tendre l’oreille au moindre bruit révélateur.

 

-                       T’es sûr de ne pas avoir rêvé.. ? Chuchotais-je.

-                       Je suis vieux, mais pas fou ! Je te dis que j’ai enten..

 

Stuwart se tut immédiatement, et d’ailleurs, moi aussi. A défaut d’être notre imagination, il y avait bel et bien un bruit d’hélicoptère. Je tournais la tête vers le vieil homme, afin de voir ce qu’il pensait par les traits de son visage. Et, à mon grand étonnement, j’y vis un large sourire.

 

-                       A quoi tu penses, pour sourire comme ça ? M’inquiétais-je.

-                       Jack est un géni..

-                       Hein ?!  Mais non ! C’est le con le plus dé..

-                       Il est mort après voir lancé l’appel de détresse. C’est grâce à lui si ils sont à notre recherche !

 

Je fulminais intérieurement. Ok, c’était peut-être généreux de sa part, bien que sûrement involontaire, mais… Mais quand même ! C’était Jack, merde quoi !

 

-                       A mon avis, ils sont plutôt à la recherche de nos cadavres !

-                       Quel pessimisme, Jorys. Je ne vous savais pas comme cela ! On peut leur faire signe et…

-                       Quoi ? Un signe ? Signe de la main, peut-être ?! Ironisa le plus jeune, Si vous sortez dans ce brouillard, vous êtes mort. Je préfère crevez ici, avec celui que j’aime, au lieu de prendre un tel risque.

 

Sans plus un regard, je quittais le grand-père, rejoignant à grande enjambée ma tente. J'y retrouvais un Seeta assis, mordant dans une barrette de chocolat. Je le vis me sourire tristement, baissant les yeux.

 

-                       .. Qu’est-ce que Stuwart t’as.. Dit… ? Grelotta-t-il.

-                       Rien d’important, mon cœur.. Mange, et rendors-toi… Murmurais-je à son oreille, l’enlaçant tendrement.

-                       J.. Jorys... si je m’endors, plus jamais je ne me réveillerais… Je ne dois pas dormir…

 

Alors Seeta aussi avait cette impression ? Quand il fermait les yeux, il voyait aussi une chaleureuse lumière lui tendre les bras pour un endroit meilleur ? Mon cœur se resserra quand les quelques mots qu’il avait prononcés me revinrent en tête.

 

« Mais je t’aime... Je veux qu’on s’en sorte… »

 

Ce fut à cet instant précis que je me traitai de tous les noms. J’aimais Seeta, Seeta m’aimait. Il me l’avait prouvé, et son jeune âge ne demandait qu’à découvrir le reste du monde, et non mourir indignement dans un lieu aussi pitoyable. Je me rendis compte que je n’avais fait que mon égoïste, jusqu’à présent, et j’en étais terriblement désolé.

 

La voix de Stuwart rassurant Léon me parvint aux oreilles. Seeta, qui m’observait, restait pâle et à l’écoute également.

 

-                       Jorys.. Dit-moi ce que.. S… Stuwart t’as dit… Insista l’adolescent.

 

Je soupirais, ne voulant pas trop donner d’espoir à mon amour. Mais son regard implorant et profond m’incitait davantage à lui faire part de ma précédente entrevue, que je qualifiais d’impossible

 

-                       Il y a des hélicoptères qui nous recherchent, là dehors, Répondis-je d’une voix distante.

 

Seeta ne dit rien de plus, et se rallongea, observant la grotte par la fente de la tente. Ses yeux brillaient d’envie, d’espoir et de vie. Je ne pouvais me résoudre à nous laisser périr ainsi.

 

Ca y est, j’étais décidé. Et si je devais donner ma vie pour lui, je le ferais. Précipitamment, pour ne plus perdre un instant, j’accourais chez Stuwart pour lui dire que j’étais d’accord de l’aider à signaler notre présence… Mais je ne trouvais pas celui-ci dans sa tente.

 

-                       Léon, où est ton grand-père ?

 

Le trisomique montra du doigt la tente de Jack. Je tournais la tête vers l’endroit, et vis avec dégoût que Stuwart emballait, du mieux qu’il pouvait, le corps inerte d’Isaline. Malgré la vue qui s’offrait à moi, je m’approchais lentement de lui, regardant plutôt mes chaussures terriblement usées que droit devant.

 

-                       .. Stuwart, je..

-                       Vous auriez pu me dire qu’elle s’était.. Enfin, qu’elle était morte.

 

Je baissais la tête en signe d’excuse, et le laissait finir son macabre boulot. Il posta le corps de la jeune femme dans un endroit de la grotte où nous ne nous aventurions pas. Par après, j’eus la surprise de voir que le papy fouillait dans les sacs de Jack.

 

-                       Je cherche de quoi signaler notre présence, Avertit le vieux en remarquant ma mine interrogatrice.

 

J’hochais la tête, et me mis à genoux face à lui, restant à l’extérieur de la tente.

 

-                       C’est pas vrai.. ! S’exclama Stuwart, attirant mon attention.                      

 

Sans que je ne puisse demander quoi, il continua plus brusquement, sortant un par un les effets personnels du médecin.

 

-                       Jack était un prisonnier évadé !

 

Mes yeux s’écarquillèrent à la nouvelle peu enrichissante.

 

-                       Regarde ça ! Dit-il en me tendant plusieurs cartes d’identité différentes, avec toujours la photo de Jack dessus.

 

Au fond du sac, il y avait des liasses de billets, des affiches déchirées où étaient imprimés la photo de Jack en grand, et d’autres objets qui mettaient l’hypothèse de Stuwart bien au centre.

 

-                       C’est pour ça qu’il était bizarre… Médecin, avocat, professeur, archéologue… Bordel, il nous a bien eu ! S’emporta le grand-père.

 

De mon côté, je riais à gorge déployée. C’était un fait, nous étions passés pour de gros boulets très longtemps. En y repensant, Jack avait du bien rire…

 

-                       Des armes à feu, de petits explosifs, des torches… Murmura Stuwart en sortant un à un les objets des autres sacs à dos présents.

-                       Ce crétin avait même une bouilloire ! M’énervai-je.

-                       Désolé, mais si il en avait, c’est qu’il n’était pas un crétin… Minauda le vieux à qui je voulais niquer les dents plus que jamais.

 

Je laissais Stuwart à son occupation, et retournais à ma tente, trouvant que j’avais laissé Seeta trop longtemps seul. Quand je revins, son regard accusateur fit un mal de chien à mon cœur. Je pris ses doigts entre les miens, et les réchauffa sans trop lui faire mal.

 

-                       … Ne me… Laisse plus… Murmura-t-il sans me fixer.

-                       Seeta, Stuwart et moi on va devoir sortir.. Tu comprends ? Tu as dit que tu voulais t’en sortir ! Je ferais tout pour ! M’emportai-je.

 

Soudainement, des larmes se mirent à couler abondamment sur ses joues, et il eut un rire ironique et triste.

 

-                       Je n’arrive même plus à bien bouger mes jambes ! Je préfère mourir que de vivre et les perdre !

 

Fâché par sa réaction digne d’un faible, je le pris par les épaules et foudroyais intensément ses yeux.

 

-                       Je t’interdis de parler ainsi ! Tu ne perdras rien du tout !

 

Il soutint longtemps mon regard, et ce fut finalement moi qui baissa les yeux. Je lui déposais un baiser sur le bout du nez, et le vêtit chaudement avant de l’aider à se relever.

 

-                       Où on va ? S’inquiéta-t-il.

-                       Je vais t’installer avec Léon, dans leur tente. A deux vous aurez plus chaud, et vous attendrez qu’on revienne, c’est compris ?

 

Je vis les lèvres de l’apprenti trembler, et ses yeux s’emplir à nouveaux de larmes.

 

-                       Et si vous ne revenez pas... ?

-                       Seeta, arrête tout de suite ça. On reviendra.

 

Ma voix me trahit légèrement, car je donnais plus l’impression de me convaincre moi-même qu’autre chose. Il se leva difficilement, et réussit tout de même à marcher par lui seul, lentement, vers la tente où Léon lui souriait, comme pour l’encourager.

 

Ils se couchèrent, à deux, sous les tonnes de couvertures que je mis sur eux. Stuwart m’expliqua, qu’avec les cordes qu’il avait trouvé dans les affaires de l’évade, il allait nous les enrouler autour de la taille, et les rattacher à un endroit précis, afin de ne pas être emporté par je ne savais quoi. J’approuvais son idée avec un brin d’anxiété dans les yeux.

 

On prit avec nous les torches et les artifices pour notre présence. Alors que l’on se préparait, je sentais le regard pesant de mon amant sur moi. Je tournais la tête, et en déduisis que mes intuitions étaient bonnes. Seeta m’observait sans relâche, espérant sans doute me faire changer d’avis.

 

Tandis que Stuwart se dirigeait vers le trou que nous avions creusé pour Jack, je mimais un « Je t’aime » du bout des lèvres à mon apprenti. Cela ne donna pas pour autant le sourire à Seeta, qui se recoucha sans plus un regard pour moi, me tournant irrémédiablement le dos.

 

Je pouvais comprendre qu’il m’en voulait…

 

-                       Jorys, tu viens ? S’exclama la voix prête du papy.

 

Je lui fis signe que oui. Enfouissant mon visage sous mon gros capuchon plumé, je le rejoignis à la sortie improvisée. Stuwart vérifia une dernière fois que les nœuds des cordes qui nous liaient étaient bien serrés. L’air satisfait, il sortit le premier à l’extérieur…

par Inki Inochi
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Mardi 18 mars 2008
Chapitre X
 
 
La froideur de la nuit faisait trembler mon corps, depuis longtemps éveillé à présent. Mes bras encerclaient mon amant, dont le visage caché sous les couvertures semblait dormir d’un sommeil agité. D’un geste las, je me redressais silencieusement sur les tas de tissus qui nous servaient de matelas.
 
Mes yeux parcoururent la grotte, de plus en plus gelée et gênée par la présence imposante de notre groupe d’escapade… De suicidaire, ou de « déjà mort », peu importe. Mes bras affaiblis tremblèrent sous mon poids, tandis que mon ventre criait famine depuis quelques heures. Je constatais qu’en effet, on ne disposait plus d’aucuns vivres, excepté des barrettes chocolatées.
 
Reposant lourdement ma tête à terre, je fermais les paupières afin de penser à tout sauf l’obscur endroit. Un sourire plutôt niais se dessina sur mes lèvres alors que l’image de Seeta, sous toutes ses formes, se matérialisa dans mon esprit…
 
Des gémissements, que je crus être ma simple imagination étant donné que je pensais à l’apprenti, se firent entendre. Je rouvris les yeux, et tendis un peu plus l’oreille. Des geignements plaintifs et exprimant la douleur retentissaient sourdement.
 
Je me levais finalement, et remarqua avec inquiétude Léon dans son coin, les bras croisés sur ses genoux repliés, se balançant non stop sur lui-même. Je le rejoignis, et m’abaissa à son niveau. Des larmes tièdes glissaient sur ses joues terriblement pâles et bleuâtres.
 
-                       Qu’est-ce qui ne va pas ? Tu as fait un cauchemar ? Questionnai-je, curieux de sa réaction inhabituelle.
 
Il me répondit « Non » d’un signe de tête furtif, un peu plus angoissé. Du doigt, il me montra la tente à la fente ouverte d’Isaline. Je me demandais d’abord pourquoi elle l’avait laissé ouverte, avant de finalement me diriger vers elle. J’entrais ma tête à l’intérieur, où il faisait plus froid qu’il ne l’aurait fallu.
 
Quelle sotte ! Pensais-je sur le moment, convaincu qu’elle avait oublié de refermé la fente.
 
Je la vis dormir sur le côté, en position fœtale. Malgré l’intense obscurité, mes yeux s’étaient habitués au noir. C’est ainsi que je pus clairement distinguer ses courbes féminines, dont la peau était nue… Nue ! Isaline était nue, et par-dessus tout, n’était couverte d’aucuns tissus !
 
Mon cœur s’accéléra tandis que je m’inquiétais quant à la santé d’elle et son enfant. Des larmes jaillissaient déjà lentement, coulant à flot sur mes joues crispées. Je la tournais vers moi, et vis avec horreur ses lèvres bleues et gercées, ses yeux grands ouverts, ainsi que son visage figé dans une éternelle expression de bonheur…
 
A la minute où je compris qu’Isaline s’était suicidée, une vague de nausée s’empara de moi, me faisant vomir sur le côté. Je n’arrivais, tout simplement, pas à y croire. Je quittais la tente dans un élan de dégoût et de fureur, retournant pressement dans n’importe quel coin, juste pour m’éclipser et remettre mes idées en place. Ma respiration demeurait rapide et inquiétante. Qui y avait-il de plus terrifiant que la mort elle-même ? Je venais juste de la voir là, sous mes yeux, et jamais je ne m’en remettrais. La satisfaction qui s’était lue sur le visage inerte d’Isaline me hantera jusqu’à la mort.
 
Je sentais le regard insistant de Léon sur moi. Mes mains tremblèrent légèrement, et je m’offusquais à me calmer. Sinon, ça serait le trisomique qui rajouterait son grain de sel s’il voit que je paniquais. Tout ce que je voulais, c’est qu’il cesse ses pleurs insupportables.
 
-                       Rentre dans ta tente, Léon. Isaline va bien, Rétorquais-je d’une voix involontairement froide.
 
L’adolescent malade me regardait d’un air de chien battu. C’est ainsi que je passais une heure à lui expliquer ce qu’était la mort quand on a la voulait. Pour ma part, je la désignais d’une sorte d’échappatoire qu’on attend impatiemment quand la vie a un goût amer…
 
Je ne savais pas qui allait le faire, mais jamais je ne dégagerais le corps d’Isaline. Jamais je ne le toucherais, ni ne le regarderait une seconde fois. Je confiais, déjà et sans qu’il ne le sache, cette morbide tâche à Stuwart et sa sensibilité moins développée.
 
Quand Léon eut l’amabilité d’aller se recoucher, je retournais à ma couche, tremblotant plus de dégoût que de froid. Je vis Seeta, qui gardait les yeux grands ouverts. Je me pressais à lui, et le rejoignis sous les couvertures, le couvrant de mes bras. Alors que je lui déposais un baiser sur sa fine bouche, je remarquais qu’il était aussi gelé qu’Isaline.
 
-                       Seeta ! M’inquiétais-je instinctivement, tes.. Tes lèvres sont glacées !
 
Il m’adressa un léger sourire à peine visible.
 
-                       J’ai.. J’ai froid, Jorys… Murmura le népalais d’une faible voix.
 
Mon cœur se resserra aussitôt, et je me collais plus à lui. Il fit un effort pour m’enlacer de ses bras frigorifiés, et cala son visage sur mon torse. De mon côté, malgré que les couvertures soient humides, je les entassais plus sur lui que sur moi. Je ne savais pas comment cela se faisait-il, mais j’arrivais à garder mon contrôle comme jamais. Entre ceux qui restaient du groupe, j’étais celui qui était, physiquement, le mieux en point.
 
Stuwart était fatigué, et ça ne faisait que se voir. Léon était infirme, et ne comprenait pas la situation mortelle comme il se le devait. Jack, Isaline, son bébé et Jay étaient morts. Et Seeta… Il m’inquiétait énormément. Il semblait de plus en plus faible, et cela ne me rassura pas du tout. Ce n’était pas me retrouver avec trois grandes responsabilités sur le dos qui me faisait peur, mais plutôt de perdre cet être auquel je tenais.
 
Ce fut sur cette pensée décisive que je quittais son infime chaleur corporelle, pour courageusement m’aventurer à la tente tristement silencieuse d’Isaline. Ce calme plat me donna des frissons désagréables que j’aurais préféré ne jamais ressentir. J’entrepris de n’entrer qu’une de mes mains, et de rapidement tirer sur toutes les couvertures qu’il y avait à l’intérieure. Je chancelais quand même, car il y en avait une dizaine, étant donné qu’elles appartenaient à Isaline et Jack.
 
Ne faisant pas mon égoïste, j’allais en apporter cinq à Stuwart et Léon, en gardant sept autres pour moi.
 
Quand je revins à notre tente, je recouvrais l’apprenti le mieux possible. Sa main s’aventura sur ma hanche, à laquelle il s’agrippa sans que je ne proteste…
 
-                       Jorys ? Chuchota sa voix affaiblie.
 
J’émis un simple « mh », démontrant que j’étais tout ouïe. Les paupières fermées, j’écoutais sa petite voix mélodieuse briser le silence démentiel.
 
-                       P.. pourquoi il n’y a aucun br.. Bruit… ? Pourquoi.. C’est si calme…
 
Je ne savais pas quoi répondre. Ma voix restait coincée en travers de ma gorge, et une abominable boule me tiraillait l’estomac. Je ne me voyais pas lui répondre « Isaline est morte », et encore moins « On va mourir »…
 
Je ne savais pas combien de temps j’étais resté muet, mais Seeta s’était endormi contre mon épaule sans jamais ne recevoir de réponse. Une tiède goutte salée ondula ma joue, et je me résignais à m’endormir également.
 
Il paraît que durant le sommeil, on souffrait beaucoup moins… 
par Inki Inochi
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Lundi 17 décembre 2007
TWO DAYS pour écrire ça, putain ! *XD*

Chapitre IX
 
 
L’absence de Jack avait anéanti Isaline, qui se doutait que s’il n’était pas revenu après tout ce temps, c’était parce que le vent glacial l’avait emporté avec lui…
 
Elle ne parlait plus, ne dormait plus et ne mangeait presque plus. Je la forçais souvent, car si elle voulait mourir, son enfant, lui, ne demandait qu’à respirer.
 
Isa’ s’était installée dans la tente de Jack. Je ne voyais pas ce qu’elle lui avait trouvé à ce gars, excepté son courage que j’applaudissais encore sincèrement. Il était bizarre, et respirait l’agressivité et l’hypocrisie.
 
Nos espoirs s’étaient éteints au même moment où Jack avait puisé son dernier souffle.
 
Je ne savais pas l’heure qu’il était. Je ne savais pas quel jour on était. Depuis longtemps maintenant que j’avais perdu la notion du temps. Du moins, je savais quoi faire pour lutter contre le froid…
 
Sauf que pour ça, j’aurais besoin de Seeta ! En os, et surtout en chair !
 
Hé oui, que voulez-vous, malgré notre désespérante situation, mon humour ne m’avait pas quitté, tout comme cette terrible envie de lui faire l’amour…
 
Et pour arriver à mes fins, j’avais échafaudé un plan ! Oui, au lieu de trouver un moyen pour sortir d’ici, je trouvais un moyen pour mes propres plaisirs avec Seeta. Ingénieux, non ?
 
Je pris ma tente et celle du népalais pour déménager au fin fond de la grotte. J’allumais un feu à Léon et son grand-père qui préparaient de quoi manger, histoire de ne pas trop éveiller les soupçons sur mes intentions sexuels.
 
Isaline restait cloîtrée dans la tente du défunt. Ce que je pensais n’était pas très sympathique envers elle, mais ça m’arrangeait, elle ne me dérangera pas. Oui, j’étais très égoïste sur ce coup-là.. Mais je n’en suis, du moins, pas navré !
 
Seeta, lui, m’aidait à remonter nos tentes fusionnées qui étaient à présent isolées du reste du groupe.
 
-                      Je ne comprends pas pourquoi on change de place, me chuchota-t-il.
-                      Tu comprendras vite, Murmurais-je à mon tour.
 
Il me sourit et entra dans la double tente, se réchauffant grâce aux multiples couvertures et vestons présents.
 
-                      Tu as faim ?
-                      Non non…
 
Ca tombe mal, moi si ! J’avais faim de lui, de son corps, de ses lèvres, de ses mains posées sur moi !
 
Je fermais les yeux, et repensais aux paroles de Seeta. Je voulais absolument en connaître la traduction. Ca me perturbait tellement !
 
-                      Seeta ?
 
Il leva sa tête dans ma direction, avant de se blottir dans mes bras. Je fus surpris de cette soudaine approche, que bien sûr j’appréciais. Néanmoins, je ne laissais rien paraître.
 
-                      Je ne sais toujours pas ce que veut dire la phr..
 
Il resserra brusquement son étreinte. Je pouvais sentir ses joues chaudes contre mon cou.
 
-                      Chez toi, on dit « I love you »…
 
Woooowowo ! P’tit break, parce que là, j’ai l’impression d’avoir sauter un épisode !
 
J’étudiais studieusement ses paroles depuis le moment où il m’avait dit « ça »… Je comprenais depuis longtemps, en fait… Mais cela me semblait si impossible que je me forçais à trouver une autre raison.
 
-                      Jorys, tu ne dis rien ? Pourquoi tu ne dis rien ?
 
Je lui pris sa main, y déposant un léger baiser. Ses joues prirent une teinte rouge et un timide sourire se forma sur ses lèvres rosées. D’ailleurs, de ses lèvres, je m’en approchais de plus en plus.
 
Je m’en approchais, et il ne reculait pas. A défaut de me fuir, il me prit les joues entre ses doigts froids et, délicatement, sa bouche hésitante se nicha sur la mienne.
 
Je savais qu’il n’avait jamais embrassé, alors j’allais le lui montrer. J’allais le lui apprendre, de la plus agréable des manières…
 
Sur cette pensée affriolante, je passais ma langue sur ses lèvres, qu’il entrouvrit légèrement, me laissant libre court à mes fantasmes…
 
Je pressais mes doigts sur sa taille, et les remontaient sur son corps, en même temps que Seeta acquérait les connaissances de base d’un vrai baiser
 
Mes mains trouvèrent un passage sous les tissus qui me séparaient de sa peau qu’autrefois, j’avais deviné douce.
 
Ma respiration se faisait plus saccadée, et cela ne me concernait pas uniquement… Seeta gémissait déjà d’une petite voix timide que je trouvais adorable. Il se coucha sur les couvertures, emportant mes lèvres avec lui…
 
J’étais sur son corps, et je posais mes bras de part et d’autre de son visage, me retenant à l’aide de mes coudes. Ses jambes s’écartaient alors que je me frayais un chemin entre ses cuisses. Je frottais explicitement mon bas ventre contre, pour ma plus grande joie, ce qui me semblait être une érection.
 
Je sentais mes joues rougir. Elles se chauffaient au fur à mesure que les baisers qui m’étaient destinés se propageaient sur mon corps.
 
Je nous ôtais avec délicatesse les tissus qui privaient nos vues de biens belles visions.
 
Lentement, je passais mes mains sur les épaules lisses de mon nouvel amant et les baladaient langoureusement sur son torse imberbe.
 
Mes lèvres quittèrent les siennes, s’attardant longuement à son cou, pour glisser sur ses clavicules, les léchant avec gourmandise.
 
Quand mes dents mordillèrent ses tétons durcis, je ne fus pas déçu de sentir les ongles de Seeta s’enfoncer dans ma peau. Je ne fermais pas les yeux. Pour rien au monde je ne voulais perdre une miette du visage angélique qui prenait plaisir…
 
Sa bouche était entrouverte et légèrement haletante. Ses pommettes rosées rendirent sa position plus aphrodisiaque, avivant mon désir. Ses yeux bougeaient furtivement derrière ses paupières closes.
 
J’imaginais qu’il ressentait tellement de chose à la fois qu’il ne savait plus où se mettre.
 
Tandis que ma bouche s’affairait sur ses abdominaux développés – Et c’était là que je remerciais Jay, mes mains s’aventurèrent sur son fessier rebondi, que j’explorais avec une particulière audace.
 
A mon plus grand étonnement, Seeta releva son bassin, et enchaîna des vas et viens contre mon sexe, qui me faisait agréablement mal. Mon bas ventre bouillonnait, c’était presque impulsivement que je menais notre danse avec lui.
 
Ses déhanchements et coups de reins brusques m’excitèrent à un point effréné, et presque onéreux.
 
Et cette voix.. Cette voix particulière, aigue, érotique…
 
Il y a un moment où les gestes ne suffisent plus… Mes lèvres s’approchèrent de ses oreilles, lui murmurant mon désir à vive voix.
 
-                      Laisse-moi te prendre, mon ange. Laisse-moi te prendre et te montrer à quel point l’amour est beau.
 
Il hocha rapidement la tête. Moi, je fus extrêmement heureux qu’il me choisisse pour toutes ses premières fois. Et je ne pouvais le remercier qu’en lui faisant ressentir les plaisirs d’une parfaite fusion…
 
Alors que ses doigts jouaient avec mes mèches désordonnées, les miennes s’offrirent un passage vers la raie, direction le Chemin des Complaisances…
 
Mon objectif atteint, nos salives se mélangèrent encore, en même temps que j’introduisis dans une lenteur calculée un premier index en lui.
 
Je le voyais qui blêmissait et grimaçait. Je ne discernais pas ce qu’il éprouvait, mais je me doutais que les premiers instants ne devaient pas être des plus jouissifs.
 
Après une deuxième intrusion, ce ne fut que quand il bougea son bassin de lui-même que je me permis de l’avertir de mon arrivée.
 
La seule réponse que j’obtenue fut un baiser vorace, chargé en diverses sensations, dont une incroyable douceur dans ces coups de langues hasardeux. Il se cramponna à mes épaules, encerclant de ses bras tremblants ma nuque. Son visage quiet, qui me rassura, trouva refuge auprès de mon torse.
 
Malgré ma furieuse envie de me perdre en lui le plus vite possible, je m’offusquais de calmer mes ardeurs, et m’obligeais à y aller doucement. Pour lui, je ferais tout, y compris résister à son charme ravageur et authentique.
 
Ses dents mordirent mon épaule, ses ongles s’insinuèrent dans ma chair, et moi, lentement, de seconde en seconde, je le connaissais mieux, toujours mieux, encore mieux…
 
Ses gémissements de douleur retentirent à mes oreilles, mais sa voix me suppliait de continuer, de ne pas m’arrêter, d’y aller plus vite…
 
Alors mon rythme s’accéléra, la cadence ne faisant qu’accroître…
 
Nos bas ventres s’entrechoquaient sous mes pénétrations, variant entre la brusquerie et l’affabilité. Je sentais ses bourses caresser ma peau, ses mains longer mon dos, son corps se crisper à chacune de mes venues…
 
C’était fait, je n’avais plus froid… Nous n’avions plus froids.
 
Je jouissais de son étroitesse et de sa sveltesse. Le mal que j’avais à m’enfoncer dans son antre faisait vibrer mes membres de toute part. J’avais du mal à me rappeler où nous étions.
 
J’avais du mal à.. Faire attention à autre chose… Qu’à lui…
 
Une main sur sa hanche, l’autre sous ses reins, je l’emportais avec moi dans mon ballet, et il me suivait..
 
Seeta se mordait la paume de la main pour ne pas crier. Il n’émettait que des gémissements étouffés. Non que cela me déplaisait, mais j’avouais vouloir l’entendre jouir mon nom…
 
Mes pensées étaient allées si loin que je n’avais pas pu me concentrer pour me contenir plus longtemps.
 
Je me déversais en lui, ne stoppant pas mes lentes pénétrations.
 
Dans le creux de son épaule, j’enfouissais mon visage en sueur. Je sentis quelque chose d’humide s’éjecter sur mon ventre. Je souris alors que Seeta s’excusait avec un petit rire perspectif.
 
Il me prit dans ses bras et me serrait fort… Si fort que… J’avais l’impression qu’il…
 
-                      Je ne veux pas te perdre Jorys…
 
… Ne voulait pas me perdre…
 
-                      Au début, mourir de m’effrayait pas…
 
… Pitié, faites qu’il ne me dise pas ce que je pense…
 
-                      Mais je t’aime... Je veux qu’on s’en sorte…
 
… Faites qu’il ne me demande pas l’impossible…
par Inki Inochi
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Mercredi 10 octobre 2007
Chapitre VIII
 
 
Tout le monde ouvrait les yeux, dirigeant leurs regards las vers Jack, qui sautait de joie.
 
Moi, je faisais celui qui dormait, en aucun cas je voulais voir le visage de Seeta, qui avait sans doute déjà découvert sa main.. Sur… Dans.. enfin.. Là, quoi !
 
Mon dieu que c’était gênant ! Et pourquoi personne ne parlait ?! J’avais l’impression que tout le yeux me fixaient, c’était insupportable. Vraiment insupportable.
 
Je me risquais à entrouvrir un œil. Tout ce que je pus voir… Fut Seeta qui dormait encore.
 
Tous les autres s’étaient déjà levés ; Je ne sentais plus leurs poids à côtés.
 
J’ouvrais finalement les deux yeux. L’entrée des tentes étaient fermées. Mais je ne pouvais pas bouger. Seeta n’avait toujours pas retiré sa main. Pourtant, je savais très bien qu’il avait eu un sursaut quand Jack à hurler… !
 
-         S.. Seeta ? Tu dors ?
 
Je soupirais de soulagement en ne voyant aucuns signes conscients. Alors je pris une tonne de courage pour me courber un peu… Me relever… Sortir une jambe du sac de couchage déployé… Puis l’autre jambe..
 
-         Jorys !!
 
Oops. Le ton grave de la voix du népalais me paralysa. Sauf qu’il rajouta d’un ton.. « Osé »… Une phrase troublante.
 
-         Je sais, tu sais…
 
J’ai cru rater un épisode. De quoi parlait-il ?
 
-         Quand.. La nuit… J’ai fait exprès.. de le faire… Je… dormais pas…
 
Je n’avais pas tout suivi, mais rien ne ‘empêchais de penser LA aussi que c’était le moment I-D-E-A-L pour un baiser !!
 
Je n’en disais pas tant ; Seeta était à moitié couché sur mon torse, son visage encore endormi rayonnait, ses cheveux déconfits étaient ondulés par ses précédentes tresses, défaites au cours de la nuit. Ses yeux émergeant encore m’observait fixement.
 
Evidemment…
 
-         Jorys ! Seeta ! Venez, Jack a une superbe idée !!
 
C’était dit, j’en voudrais toute ma vie à Isaline ! Elle avait tout gâché !
 
On enfilait nos grosses vestes qui rendait laid quiconque les portaient, et marchait à pas lents et distants.
 
Plus je réfléchissais à ce que m’avait dit Seeta, plus je pigeais ce qu’il a essayé de me dire.. Alors il ne dorm…
 
Au moment où j’allais mettre les points sur les « i » avec ma conscience, Jack nous sauta dessus.
 
-         Les gars !! Faut qu’un de nous sorte d’ici et envoie le signal rouge ! Je suis sûr que ce gamin a des éclaireurs dans son sac !!
 
J’allais lui répondre, mais il se contenta de rajouter, en criant presque.
 
-         UN SIGNAL D’APPEL !! DE SECOURS !!! J.. J’vais devenir fou à rester coincé ici !!
-         Jack, c’est ton idée, c’est à toi de sortir. Moi je retourne me coucher, terminai-je en regardant Seeta, espérant qu’il comprenne mon invitation à se faire des câlins et autres !
 
Pas grave si nous étions coincé ! Autant en profiter intelligemment !
 
Je m’étais donc faufilé dans les tentes. J’eus l’extrêêême plaisir de voir Seeta y entrer à son tour.
 
-         Tu es venu.. Lâchais-je sensuellement, ignorant encore la honte que j’allais subir dans quelques secondes.
-         J’ai dit à Jack que c’est très dangereux de sortir dehors, il fait encore plus froid qu’ici, il pourrait mourir.
 
Je rêvais où il.. N’avait pas compris le..
 
-         T’es fatigué, alors ? Tu veux que je te laisse dormir ?
 
… Le message…
 
Génial, j’étais tout rouge, quelle honte je ressentais ! Le pire était cet infime ton de moquerie dans sa voix… Les rôles avaient été inversés, c’est lui qui jouait avec moi.
 
-         Jorys.. Dit-il en s’asseyant. Pour A-avant… Tu.. regrettes ?
 
Je plissais des yeux. Que pourrais-je regretter ? A part le fait que Jack avait tout gâché ?
 
-C’est.. C’est mal parce que je ne t’ai.. Pas demandé.. Déso…
 
IL S’EXCUSAIT DE M’AVOIR MASTURBE ?!
 
-         Alors tu ne dormais pas ? Demandais-je à la va-vite.
 
Il hocha négativement la tête. Donc, il ne dormait pas. Et il avait remarqué que je me laissais faire. Et il m’avait entendu gémir… Il a senti que je l’avais tripoté… C’est moi qui devait m’excuser…
 
-         Tu regrettes ? Insista-t-il.
-         Pas du tout…
 
J’avais l’impression d’entendre son cœur cogner violemment contre sa cage thoracique. Son sang couler à toute vitesse dans ses veines. Ses yeux écarquillés me fixaient d’un air étrange, il avait l’air surpris.
 
-         Qu’est-ce qu’il y a ? Demandai-je, la peur au ventre.
 
L’air de rien, sa réponse me terrifiait. Tout comme son comportement face à ma réponse. C’était plutôt lui qui regrettait, j’avais l’impression !
 
-         Je crois que moi… Commença-t-il, très embarrassé.
-         Tu crois quoi ?
 
Ma voix me trahissait. Elle tremblait.
 
Je sentais les larmes envahir mes orbites. Je ne voulais pas qu’il finisse sa phrase, je sentais que je la recevrais comme un coup de poignard. Tais-toi, mon Seeta, ne dis plus un mot… S’il te plaît… Ne dis rien…
 
-         Que… Ma timi sita prem garchhu…
 
Ses joues devinrent aussi rouges qu’un rouge à lèvre de starlette. Il tortillait ses doigts sur sa couverture qui enveloppait son frêle corps.
 
Derrière les mèches qui cachaient sa tête baissé, j’apercevais des yeux embués. Pleurait-il car il attendait une réponse et que je ne répondais pas ? Etait-il seulement conscient que je n’avais rien compris à ce qu’il avait murmurer ?
 
-         Seeta… Dis-je en lui relevant la tête. Je ne parle pas népalais tu sais…
 
Il releva la tête.
 
-         Je.. J’ai parlé népalais ? je.. Désolé, j’ai pas fait exprès !! Quand.. Quand je stresse, c’est comme ça…
-         Mais pourquoi tu stresses ?
 
Voilà qu’il s’apprêtait à répondre qu’Isaline nous rejoignit.
 
-         Venez nous aider pour la sortie de Jack…
 
Son ton triste et lointain m’inquiéta. Du moins, Seeta et moi, nous nous levions.
 
Stuwart et Jack creusait un trou, le plus petit possible, pour la sortie du médecin.
 
Dans un coin, Léon regardait faire les autres.
 
Seeta me quitta pour chercher dans le sac de Jay les fameuses torches. Isaline préparait tout ce qui serait nécessaire à Jack une fois à l’extérieur.
 
Et moi…
 
J’avais le sentiment de n’être que poussière. L’impression de sentir que je ne servais à rien me rendait furieux.
 
Je regardais tout le monde, un à un. Finalement, je préférais faire l’incruste chez Léon. Il était seul, recroquevillé et silencieux. C’était mauvais signe de le voir ainsi.
 
-         Hey Léon.. Comment vas-tu ?
 
Il se contentait de balancer la tête de droite à gauche, tout en fixant son grand-père.
 
-         Plus vite papy, j’veux pas rester cloîtrer ici une seconde de plus !
 
Stuwart laissa tomber le trou, dans lequel il y avait mit énormément du sien. Depuis plusieurs minutes déjà, Jack lui faisait sans cesse des reproches. C’était tout sauf motivant.
 
-         T’as un problème Jack ? Qu’est-ce que t’as à toujours gueuler ? Je t’aide, c’est pas assez suffisant ?!
 
Jack fit face à Stuwart.
 
Isaline et moi-même allions vite les séparer, et je remplaçais Stuwart pour la tâche. Il n’était certes pas évident de creuser dans de la neige glacée, mais le soir même, un trou suffisant apparut. Nous avions mis des couvertures pour empêcher l’air d’entrer.
 
-         Ecoute Jack, commençais-je, tu devrais y aller demain matin. Seeta m’a prévenu que le soir, c’est bien pire que la journée. Les tornades de neige sont rares mais pas impossibles. Le vent est glacial. Et j’..
-         Tu rêves !! J’y vais maintenant ! Je n’attendrais pas demain !
 
Seeta insista sur le fait du danger.
 
-         Tu ne devrais pas y aller du tout
 
Je fixais Seeta qui venait de prononcer ces mots. Il buvait une soupe qu’Isaline avait préparé à tous.
 
-         Avec quoi tu viens, toi ? Tu veux que je te rappelle à cause de qui on est là ?! C’est toi qui devrait aller à ma place !!
 
L’apprenti ne répondait rien, il continuait à boire silencieusement sa soupe.
 
Plus personne n’ouvrait la bouche pendant que Jack se préparait, refusant l’aide de quiconque.
 
Il me semblait que Jack, le soi-disant médecin gentil avec tous, ait changé depuis que nous étions coincés là, et même avant…
 
Tout le monde lui souhaita bonne chance avec un infime espoir au cœur.