Lundi 22 octobre 2007
Chapitre XV
Anaël s’était rapproché, et avait lui aussi aperçu Nika. A ce moment-là, je n’avais pas vu son regard s’assombrir.
Quelques minutes plus tard, où je n’arrivais soudainement plus à bouger, des pas, ceux de Nika, retentirent dans le couloirs. A moment même où la porte s’ouvrit, Anaël s’était jeté à mon cou, et
me tripotait les fesses, se collant à mon dos.
Qu’avais-je pu dire ? Qu’avais-je pu faire ?
J’avais d’abord vu son sourire étincelant, ses yeux confiants qui reflétait de l’espoir…
A cet instant, tout m’avait semblé s’écrouler.
Ses lèvres commençaient à trembler, ses joues devinrent rouges, et ses yeux verts s’embuèrent de larmes.
C’était déprimant de savoir que la source de ces gouttes salées, ce n’était personne d’autre que moi.. Je le faisais pleurer.. Et jamais je ne m’étais senti aussi mal…
Seulement, une réaction inattendue submergea Nika, me laissant bouché bée. Il s’avançait dangereusement vers Anaël et lui fila un coup de poing inévitable. Ca avait été si vite, je n’avais
absolument rien compris à la scène qui se déroulait sous mes yeux.
Anaël avait gémi de douleur, et s’était tenu à la table durant sa chute. Le coup avait été tellement fort qu’il en avait perdu l’équilibre.
J’eus horriblement mal au cœur en entendant Nika hurler de douleur, les larmes inondant son visage :
- NE REVES PAS ANAEL ! TU NE ME FERAS PLUS SOUFFRIR !!
Sur ces mots, il sortit en courant, claquant la porte avec fureur.
- Il est complètement fou ! Jura Anaël entre ces dents, tout en se relevant difficilement.
Mes larmes coulèrent elles aussi sur mes joues rougies. J’étais le premier des idiots. Nika avait réalisé que je ne le laissais pas indifférent, il avait même couru jusqu’à moi. Et moi, pendant
ce temps, j’avais couché avec Anaël..
Sans que je ne puisse les contrôler, mes jambes rattrapèrent les traces de Nika.
Je le vis assis, adossé à un mur, replié sur lui-même, ses mains masquant son visage. Il entendit mes pas, mais ne relevait pas la tête. Il essayait d’étouffer ses reniflements qui le trahissait.
- Nika.. Murmurai-je à son intention pour qu’il me porte son attention.
- Vas-t-en chez cet ingrat !!
Il me fixait froidement, d’un regard douloureux… Rempli de haine… Et.. Et amoureux… Mais ce n’était peut-être qu’une impression que Je Voulais Voir…
- Nika, explique-toi ! Je.. Je ne te comprends pas !
Il se leva, et voulu s’en aller. Mais je lui empoignait le bras, et le plaqua au mur doucement.
- Lâche-moi !
- Je tiens à toi ! Je ne te laisserais pas partir !
Il eut un rire triste et ironique.
- Tu tiens à moi.. C’est pour ça que je te retrouve dans les bras d’un merdeux comme lui ?
Mais qu’est-ce que vous lui trouvez tous à lui !?
Il se prit la tête entre les mains, et entamait les cent pas. J’avais le sentiment qu’il se parlait à lui même, où à ses fantômes passés.
- Qu.. Qu’est-ce que.. Vous lui trouvez tous.. A ce.. Ce stupide gars…
Je n’en pouvais plus de le voir se tuer comme ça à petit feu. Alors je le pris dans mes bras, je le serrais fort, et lui chuchotais de se calmer, d’arrêter de pleurer..
Il releva le visage, l’expression totalement changée, mais toujours aussi inexpressif. La distance qui séparait nos bouches se volatilisa, et il posa délicatement ses lèvres sur les miennes.. Il
me les mordillait, les suçait doucement, me caressant tendrement les cheveux..
Sa langue pénétra dans ma bouche, nos salives se mélangeaient, et avec passion, on s’échangeait notre premier vrai baiser.
Je fus pris d’une soudaine satisfaction quand ses doigts me frôlèrent ma nuque, déclenchant en moi un avalanche de frémissements uniques et brûlants…
Quand nos langues se quittèrent, il ouvrit lentement les yeux et m’observait, tout en arborant un sourire qui illumina le monde sombre où nous vivions…
Il posa son front au mien, et agrippa de ses mains mon haut, afin de me rapprocher de lui.
Son visage trouva refuge au creux de mon épaule.
- Ne revois plus jamais cet homme, Jessie.
Je sentais qu’il se resserrait à mon corps comme à une bouée de sauvetage. Qu’il me suppliait de ne plus revoir Anaël, je trouvais ça étrange. J’avais à présent la certitude que quelque chose
s’était passé entre ces deux-là, et que Nika lui en voulait terriblement.
Mais je n’allais pas presser les choses. Il était enfin venu à moi, il m’avait accepté, et pour l’instant, je ne demandais rien d’autre que d’être aimé par lui.
- Jessie, répond moi.
Tout d’abord, je n’avais pas répondu car sa voix avait sonné comme un ordre.
- .. Je te le promet…
De toute manière, j’avais déjà prévu de ne plus voir Anaël en dehors du travail..
Il eut un soupire de soulagement. Je souriais à l’entendre rire.
- Nika, tu veux rentrer ?
Il hocha la tête.
- Mais tu m’accompagnes.
C’était un sentiment de joie qui m’avait envahi le cœur quand je l’entendis me proposer cette seconde invitation.
Cependant, je m’étais toujours promis de ne jamais mélanger vie privée et professionnelle.
- Euh, Nika.. C’est gentil de ta part mais.. Mais j’étais venu pour continuer mon travail..
Ses mains se resserrèrent. Il leva son visage, et me sourit timidement. Mes joues rougirent quand il m’annonça d’une voix érotique et pleine de sous entendu :
- Je t’attendrais chez moi, ce soir.
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