Samedi 24 mai 2008

Chapitre XVII

 

 

Vers minuit moins quart, des servantes s’étaient introduites dans la gigantesque chambre du jeune prince et son invité. Elles les avaient surpris en pleine séance de bisous et câlins un peu trop familiers à leur goût entre deux inconnus, mais elles ne laissèrent cependant pas leur préjugé les gagner. Séparant les deux amants, Aurèle dut suivre deux des quatre femmes à une autre pièce. Elles le lavèrent une seconde fois, l’habillèrent d’une tenue égale aux personnages sous royaux, ce qui le mit extrêmement mal à l’aise.

 

Du côté de l’héritier, tout ce passait plus ou moins mal. Il n’avait vraiment pas aimé qu’on vienne le déranger avec ces futilités qu’ils devaient subir pour « bien paraître » au banquet. Cassidy n’en avait que faire, de ce maudit banquet ! La chaleur des bras de son agriculteur préféré lui manquait déjà. Ils avaient été trop longtemps séparés, c’était ce qui le mettait hors de lui.

 

-          Non mais.. Vous… Mais vous serrez trop ce col ! Stop, laissez-moi faire ! Grogna-t-il.

 

Les bonnes femmes s’écartèrent un peu, visiblement vexées. Ce fut à cet instant qu’Aurèle les rejoignit. Elles sortirent discrètement à son arrivée, refermant lentement la porte d’entrée. Cassi, qui était face au miroir, n’avait rien vu de cette scène… Il se douta d’une manigance seulement quand des doigts hésitants se posèrent sur les siennes, afin de prendre le relais des ficelles à nouer. Il se calma aussitôt, mais ne résista pas à la tentation de se retourner vers le villageois, et de le fixer droit dans les yeux alors qu’il arrangeait son col…

 

Le bout de leur nez se frôlait, arrachant des sourires amusés à chacun d’eux. Rougissant, Cassi caressait de ses mains tremblotantes les joues hâlées de son beau prétendant. Inconscient qu’il n’aidait pas du tout Aurèle en le touchant de cette manière si charnelle, il continua à balader ses doigts sur le cou frémissant…

 

Hélas, les vêtements qui surchargeaient le corps admirable du travailleur empêchèrent toute autre exploration. Cassi poussa un juron, terriblement frustré qu’on le prive ainsi du jeune homme qu’il avait choisi.

 

-          Embrasse-moi et je te laisse tranquille… Murmura le prince à l’intention d’Aurèle.

-          Qui t’a dit que je voulais que tu me laisses tranquille ? Le taquina celui-ci.

-          Je ne sais pas pourquoi, mais je savais que tu allais répondre ça…

 

Cassidy lui emprisonna la bouche entre ses lèvres, en ayant la certitude qu’il ne se lassera jamais de lui. Sentir sa langue déguster la sienne, leur chaleur s’unir aussi intimement… Cassi ne pouvait mieux rêver que de rester aux côtés de cet être qu’il trouvait fascinant pour sa compréhension, sa naturelle beauté physique, et surtout, son bel intérieur où un cœur battait en sa faveur…

 

Enlacés, ils marchèrent lentement vers la sortie, toujours à s’échanger les dernières gâteries qu’ils pouvaient avant de faire leur entrée à la Salle où le banquet se déroulera.

 

Tandis que le prince baissait le poignet de la porte, ils lâchèrent leurs mains jusqu’à présent entremêlées.

 

Un homme les attendait là, souriant à Cassidy.

 

-          Veuillez me suivre, Dit-il de son étrange voix douce.

 

Les deux adolescents s’exécutèrent et, en silence, gagnèrent le reste des fêtards. L’héritier sentit une profonde joie en lui quand il vit Aurèle, un grand sourire aux lèvres. Celui-ci observait avec admiration les bouffons, présents pour divertir les invités, mais surtout le roi. Des jongleurs, des musiciens, des danseurs… Le villageois semblait être, pour la première fois de sa vie, participant et non spectateur de l’ivresse, l’hilarité et l’euphorie.

 

Les deux conjoints s’assirent discrètement aux chaises qui leurs étaient destinées, au premier rang, face au roi et à ses jeunes demoiselles qu’il avait visiblement choisies pour cette orgie.

 

C’était la première fois que le prince Cassidy se montrait ouvertement en public, ce qui lui valait des regards et chuchotements à son égard.

 

Faisant preuve de courtoisie, Aurèle salua le gros personnage comme il se le devait. Aurèle était assez impressionné de se retrouver ici, dans le château, aux côtés du prince, son père et ses sujets… Il en était très intimidé, même s’il essayait de le cacher.

 

Quand les centaines de plats différents furent servit, tous commencèrent à manger après le discours habituellement banal du monarque. La musique, les dialogues et les rires masquèrent les mots que s’échangeaient les deux jeunes hommes.

 

-          … Je suis content que tu aies été aussi compréhensif à mon égard, Aurèle…

 

Celui-ci, quelque peu embarrassé que Cassidy remette ce sujet sur le tapis, se contenta d’hocher la tête.

 

-          Je.. Comment je pourrais m’excuser… ? Insista l’héritier.

-          Et si tu commençais par te taire ? Se moqua Aurèle, oubliant à qui il s’adressait.

 

Cassi lui administra un coup de pied qui fit rire l’agriculteur, avant que celui-ci n’agrippe la main libre du prince, sous la nappe de table… Le cœur de Cassidy se réchauffa aussitôt, et il resserra leurs doigts entrelacés.

 

-          J’ai faim de toi.. Murmura dangereusement Cassi à l’oreille de son hôte, J’ai faim et je veux te manger… Là, maintenant, tout de suite…

 

Aurèle se mordit la lèvre pour s’obliger à ne pas soupirer de frustration.

 

-          Montons dans ta chambre, alors, Répliqua malicieusement le blond.

 

Le prince réprima un sourire en coin, amusé de la situation.

 

-          J’essayais juste de t’exciter !

-          Oui, et bien moi, je me dois de te calmer… Ironisa le jeune villageois.

 

Malgré le monde présent, et le roi qui mangeait juste en face d’eux, Cassidy eut l’audace d’aller mordre le lobe de son invité pour gentiment le punir. Il lança ensuite un regard provocateur à son père qui avait vu cet échange, duquel il aurait bien aimé être épargné.

 

Après quelques échanges avec des gens qu’il n’avait jamais vus, le bal s’apprêtait à s’ouvrir dans quelques minutes.

 

-          Cassidy ! Intervint le roi, c’est à toi d’ouvrir la danse !

-          Hein ? Non mais ça va pas, tu ne m’avais jamais averti de ça ! Je ne sais pas danser ! Se plaignit Cassi, qu’Aurèle continuait d’observer anxieusement.

-          Un prince est censé savoir danser, Cassidy. Allez. Prends n’importe quelle cavalière ! Tiens, euh… Cette jeune fille, là !

 

Il désigna du doigt une adolescente aux longs cheveux bruns, bouclés et coiffés minutieusement. L’héritier lança un regard au villageois, et s’approcha de lui afin que personne ne l’entende.

 

-          Tu ne voudrais pas plus tôt danser toi, avec moi ? Sourit le prince.

-          Je ne crois pas que cela soit une bonne idée, Cassi… Advint l’agriculteur.

 

Cassidy soupira et, déçu, il s’en alla inviter la jeune chanceuse. Celle-ci avait rougie dès l’instant où il avait posé sa main sur sa hanche, employant les mots justes qui faisaient chavirer toutes les jeunes filles.

 

Tandis que le duo se prélassait au milieu d’un cercle formé par les invités, Aurèle fixait l’adolescente. Elle se rendait sûrement compte de la chance qu’elle avait d’être femme, et de ne pas devoir se cacher. Si seulement lui aussi pouvait poser ainsi sa main sur le dos du prince, descendre jusqu’à ses hanches, bouger sur le rythme lent des notes qui parsemaient la salle…

 

Ce fut avec exaspération qu’il se rendit compte qu’il était, en ce moment même, extrêmement jaloux. Profondément jaloux de cette impertinente qui profitait de la situation pour s’approprier le prince !

 

Enfin, d’autres couples se joignirent à eux.

 

Durant au moins une heure, des dizaines de filles passèrent par les bras de l’héritier, semblant réjouies que le prince leur accorde une danse. Trépignant sur place, Aurèle perdait de plus en plus de patience.

 

-          Dites-moi, jeune homme… Commença le roi, s’adressant d’une manière distante à l’agriculteur.

 

L’interpellé, très intimidé, rougit et baissa les yeux, répondant d’une voix bafouillante :

 

-          O.. Oui, Mon Seigneur ?

-          Qui est votre père ? Son nom ?

-          Perceval D..

-          Ah ! « Le » Perceval à qui la femme est défunte ? Sourit l’Altesse, coupant son interlocuteur.

 

Aurèle, prenant mal ce ton qu’il jugeait presque moqueur, ravala sa salive pour s’empêcher de dire une quelconque injure.

 

-          Oui… Ce Perceval…

 

Le roi hocha continuellement la tête en signe de compréhension, et s’en alla jaser avec d’autres personnes. Intérieurement, Aurèle jura mille et une fois contre ce gros tas de graisse qui n’avait même pas honte de ses paroles offensantes.

 

L’adolescent tourna un œil vers Cassidy. Celui-ci buvait le vin, papotant avec des gens dont, Aurèle en était sûr, il ne connaissait même pas le nom. Soupirant d’ennuie, il se demanda s’il lui était permis de se lever et de quitter la table. Tandis qu’il s’apprêtait à s’en aller, Cassi le vit faire. Celui-ci le rejoint immédiatement.

 

-          Mais où vas-tu ? S’inquiéta-t-il.

-          Peut-être que toi, Prince de France, tu t’amuses, mais moi, Pauvre de France, je m’ennuie. Alors tu m’excuseras, mais je pense que j’ai autre chose à faire que de rester assis sur cette satanée chaise en bois qui me fait mal au derrière !

-          Change de ton avec moi quand on est accompagnés, Aurèle…

-          Et quoi ? Que risques-tu de me faire ? Me brûler, me fouetter, m’enfermer ?

 

Le cœur de l’héritier se resserra, vexé.

 

-          Non ! Jamais ! Il serait simplement bizarre pour les autres que tu t’adresses ainsi à moi !

 

Aurèle répliqua un « Bah voyons » et continua son chemin vers la sortie, terriblement déçu de son propre comportement.

 

-          Aurèle, je t’en pris ! Je.. Je me dois de faire une bonne impression… Je suis désolé…

 

Celui-ci se retourna, et refit face au jeune homme aux cheveux châtains. Il toisa ses yeux verts scintillants d’un regard sévère, qui s’adoucit pourtant aussitôt…

 

-          Allons au lac, Cassi… Partons d’ici. Ce n’est pas un endroit qui nous ressemble, Répliqua l’agriculteur.

-          Je le sais…

 

Le blond émit un discret soupir de frustration.

 

-          Je meurs d’envie de te caresser la joue, t’enlacer, t’embrasser… Ne m’oblige pas à me contenir plus longtemps, Le taquina-t-il d’un ton plus joueur afin de le mettre plus à l’aise.

 

Le prince eut un sourire en coin, gêné qu’Aurèle dévoile ses pensées à voix haute. Il lui chuchota à l’oreille « Ok, je vais aller en parler à Agathe. En attendant, tu restes sagement ici et tu m’attends. »

 

Lorsque Cassidy le quitta, le villageois se sentit observé. Il tourna discrètement les yeux de droite à gauche, et remarqua que deux ou trois serviteurs personnels du roi le fixaient avec un intérêt trop important à son goût. Il nia cependant ces échanges, car Cassidy revenait, un large sourire aux lèvres.

 

-          Agathe a accepté de prévenir mon père de notre départ… Alors allons-y, puisque tu t’ennuies tant !

-          .. Ne me dit pas que tu ne t’ennuyais pas ?! Rétorqua Aurèle, choqué.

-          Si, je l’avoue. J’ai beau avoir un sang royal, tous ce décors me laisse indifférent… C’est bizarre, non ?

 

L’agriculteur haussa des épaules, secrètement satisfait de la réponse de l’héritier. Avant de refermer la porte sur eux, Aurèle jeta un dernier coup d’oeil aux espions indiscrets du Seigneur, et confirma ses pensées ; Ceux-ci le guettaient avec attention.

par Inki Inochi
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Mardi 6 mai 2008

Chapitre XVI

 

 

« Puisqu’on est là, autant honorer les traditions »

 

Cassi écarquilla les yeux, se demandant un nombre incalculable de fois s’il avait ou non entendu ce qui venait de transpercer ses tympans. Il n’osa pas tourner ses yeux vers Aurèle, à qui il sentait le souffle chaud sur sa joue. Les mains légèrement tremblantes, il remonta un peu plus les couvertures sur ses épaules, soudainement intimidé.

 

Un petit rire moqueur résonna, le laissant perplexe. Les deux mains d’Aurèle eurent l’audace de rabaisser la couverture jusqu’aux hanches du prince. Celui-ci resta bouche bée et silencieux pour autant.

 

Des doigts frôlèrent sa peau, se frayant un chemin du nombril à la poitrine frémissante. Les lèvres du villageois se posèrent sur sa nuque, dans le but d’apaiser l’héritier, ce qui n’échoua guère.

 

Un soupir de surprise s’échappa de la bouche de Cassidy quand Aurèle colla tout son corps à celui du prince, lui caressant les jambes avec retenue et timidité. L’héritier ferma les yeux, frémissant au contacte de sa peau contre celle de l’agriculteur.

 

Celui-ci s’empara délicatement du menton de son hôte, croisant sérieusement son regard d’un vert étincelant.

 

-          Durant ton absence, tu m’as manqué. C’est ce qui me fut le plus dur à admettre, Révéla Aurèle dans un ton mélancolique empli de nostalgie.

 

Le cœur de Cassi se resserra à lui faire mal. Il ne savait pas comment il devait prendre cette nouvelle. A l’air abattu de son jules, il se doutait que c’était un reproche qu’on lui faisait.

 

-          Je devenais irritable et fou de colère à la simple idée de te penser avec ta future épouse, Continua-t-il étant donné que le prince gardait silence.

 

Toujours aucune réponse ne parvint à Aurèle, le décevant un peu. Mais il voulait profiter de cette occasion pour déballer les souffrances que son cœur a pu subir ces derniers temps. Cassidy en était la seule et véritable cause.

 

-          J’ai été hystérique et stupidement jaloux, Cassi ! Est-elle belle ? Te plait-elle ? Lui as-tu déjà voué ton cœur ?!

 

L’héritier resserra le malheureux coussin qui se trouvait dans ses bras au moment même. Il ne supportait pas entendre Aurèle lui dire toutes ses choses. Il ne devait pas les dire ! Ce n’était pas raisonnable ! Croit-il peut-être qu’il n’avait pas pensé à lui ? Jour et nuit, il comptait les secondes qui s’écroulaient, le rapprochant du moment où il réintégrerait son royaume !

 

Mais tout cela ne devait pas s’échapper de sa bouche. Il n’était pas convenable pour un futur roi de s’égarer ainsi de ses ambitions…

 

-          Cassi ? Murmura Aurèle dans un chuchotement plaintif.

 

L’interpellé osa un regard envers son interlocuteur. Ils se fixèrent, discutaillant silencieusement par le simple biais d’un échange oculaire. Le prince finit par, dans un élan de soumission, opiner les propos de l’adolescent en baissant maladroitement les yeux.

 

-          Très bien, j’ai compris. J’ai parfaitement compris ! Se vexa Aurèle, qui rétabli un écart important entre leur deux corps.

 

Il se sentait à présent ridicule d’avoir implicitement déclarer ses sentiments les plus ambigus. Il espérait à présent que ce prince soit assez emmanché pour ne pas avoir saisi ses précédentes paroles.

 

-          Tu m’as manqué également, Finit par avouer l’héritier à son tour. Je suis sincèrement désolé pour tout ça…

 

Un éblouissant sourire se dessina lentement sur le visage illuminé du jeune homme. Celui-ci se rapprocha à nouveau de Cassidy, et frotta le bout de son nez à celui du prince, pour qui les joues fusèrent violemment au rouge.

 

-          Tu es adorable, quand tu rougis.. Souffla le fermier.

 

De brutes pas résonnèrent dans le couloir, exaspérant le prince qui se renfrogna sous ses couvertures.

 

-         Qu’est-ce qu’il y a ? S’inquiéta l’areur.

-         C’est mon père… Il.. Il envoie sûrement quelqu’un pour… Venir vérifier si.. Si je… Si je…

 

Aurèle sourit simplement à Cassi, qui était plus qu’embarrassé. Il lui lança un « J’ai compris » seyant, rassurant amplement l’héritier qui ne devait pas se forcer à terminer sa maudite phrase.

 

Une main hésitante se posa sur une de ses joues, tandis que l’autre remontait les draps sur leurs corps dénudés. Cassidy laissa faire son amant. La confiance étant à son maximum, il savait que celui-ci ne négligerait rien…

 

Rapprochant étroitement leur corps l’un à l’autre, Aurèle s’accorda à voler un baiser qui surprit le prince. Écartant leur visage pour se scruter un court moment, Cassi finit par céder à son désir constant. Il scella une seconde fois leurs lèvres dans un élan de velléité qui fit sourire le jeune fermier.

 

Celui-ci laissa ses mains se balader sur le dos du conjoint, où de fines arabesques y étaient dessinées. Son chemin se suivit jusqu’au creux des reins de l’élu, qui avait refermé ses paupières pour un ressenti plus vaste des émotions qui grouillaient dans son for intérieur.

 

-         Et si nous montrions à l'espion du roi que le prince est digne de confiance ? Murmura Aurèle, le regard malicieux.

 

L'héritier ne put qu'esquisser un sourire complice, démontrant à l'agriculteur que l'envie de son compagnon était tout aussi présent que le sien. Le blond se redressa sur ses coudes, frôlant du bout de ses doigts les plaisantes lèvres de son amant, qui entrouvrit la bouche à l'approche du prince. Ils mêlèrent leur langue dans un lent élan, où chacun prit le temps de savourer le goût exquis du plaisir charnel.

 

Tout en l’observant, Aurèle semblait se baisser, se dirigeant lentement vers les jambes nues du prince. Alors que celui mimait un « non » de la tête tout en cachant sa virilité à l’aide de ses mains, l’agriculteur le força à perdre sa pudeur inutile. Il lui susurra un « Tu m’as choisi, tu devras me supporter » que Cassidy reçu de mauvaise grâce.

 

Le rouge aux joues et les doigts tremblants, il retira ses mains très lentement, n’appréciant pas de se découvrir ainsi.

 

Des doigts agrippèrent maladroitement son sexe, lui faisant tout à coup oublier qu’il était dans sa plus simple tenue. Seul maintenant comptait Aurèle et ses agissements plaisants. Celui-ci frôlait ses testicules avec une insistance qui attisait l’envie du futur roi.

 

Cassi, souhaitant masquer sa respiration qui s’accélérait, agrippa fermement son coussin de chaque côté, mordant légèrement ses lèvres pour s’interdire tout affaiblissement.

 

Le français le masturbait d’une incontestable manière, se remémorant lui-même ses plaisirs solitaires pour satisfaire au maximum son jeune amant…

 

Un râle mêlé de satisfaction et de jouissance s’échappa de la bouche entrouverte du prince lorsque, sans avertir, Aurèle longea sa langue humide le long de la verge avec une liante cadence.

 

Extasié par cette première expérience, Cassidy laissa de côté sa timidité, et saisit d’une main décisive les cheveux blonds de son compagnon. Après quelques coups de langue qui devinrent plus langoureux, celui-ci introduit l’érection de l’héritier dans sa bouche, collant instinctivement sa langue au sexe. Des va et viens de plus en plus osés et satisfaisants s’en suivirent, enclenchant des mouvements de bassin réservés et hésitants au prince.

 

Quand Aurèle se retira sous l’insistance de Cassi, celui-ci éjacula sur le torse de son conjoint. L’agriculteur sourit face à la gêne perceptible du prince. Il se colla aussitôt à son corps, enfouissant son visage au cou parfumé de l’héritier.

 

Ils restèrent un moment ainsi, silencieux, appréciant la douceur de la peau de l’autre… Les heures qui suivirent furent destinées à des caresses, des frottements langoureux, et des baisers loin de là saumâtre.

 

Aucun des deux ne souhaitaient aller plus loin, si ce n’était qu’Aurèle qui semblait avoir du mal à contrôler ses pulsions sexuelles. Cependant, il trouvait également qu’accélérer les choses ne servirait à rien. Prendre le temps de savourer les instants à deux leur semblait plus crucial qu’assouvir un désir à peine naissant.

 

-          Cassi ?

 

Après un silence paisible, le prince l’interrogea de ses yeux perçants.

 

-          On reporte le dîné ? Murmura Aurèle, la voix rauque.

 

Le sourire que lui adressa l’héritier répondit à sa question banale. Bien évidemment, qu’ils reporteraient ce dîné !

 

-          Mais en attendant… Reprit Cassidy, Il faudra se préparer pour le banquet de minuit…

-          Le.. B.. Banquet ? Quel banquet ?

-          Tu n’es pas au courant ?

 

L’air sceptique d’Aurèle le laissa penser que non.

 

-          Il y a un banquet à chaque fête. Puis.. Les hôtes peuvent loger toute la nuit… Dans les appartements royaux… Annonça-t-il timidement.

-          Est-ce une invitation ? Ironisa le blond.

 

Pour simple réponse, Cassidy lui vola un baiser impétueux, voire ardemment fougueux.

 

par Inki Inochi
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Lundi 10 mars 2008
Chapitre XV
 
 

Adelphe Claudius n’avait fait aucun commentaire quand le prénom masculin résonna à ses oreilles. Il n’avait fait qu’envoyer deux soldats à l’habitat du jeune prénommé, afin de le prévenir du choix du prince. Après tout, aux orgies, tout était accepté, le roi n’avait rien à redire.

 

De son côté, Cassi était allé se réfugier dans sa chambre. Il n’arrivait pas à croire ce qu’il lui avait échappé de la bouche. Il ne comprenait pas l’audace qui l’avait envahi…. Il souhaitait simplement retourner en arrière, et ne jamais avoir prononcé son prénom.

 

Faisant les milles pas, Cassidy cherchait désespérément une solution. Aurèle ne devait pas connaître son statut, c’était impensable… Le monde pouvait bien s’écrouler, il s’en fichait. La peur s’était emparée de lui et ses ambitions, et malgré l’angoisse, il le désirait tellement.

 

… Si seulement Aurèle l’acceptait comme David l’avait fait.

 
 

-         Emma, bon sang ! Je t’avais ordonné de ne pas revenir !! T’es complètement folle !

 

La fautive, qui était allée mettre à l’abri ses sœurs pour ensuite revenir au village, restait silencieuse face à la colère de son frère. Colère qu’elle avait évidemment prévue.

 

Perceval, qui croyait tous ses enfants en sécurité, était au travail malgré la nuit festive.

 

Seuls dans la maisonnette, Aurèle cherchait à comprendre le comportement irresponsable de son aînée.

 

-         Je ne te comprends pas. Vraiment pas. tu… Emma… Soupira-t-il, terriblement anxieux.

 

Trois coups frappés à leur porte les alertèrent. Aurèle empoigna immédiatement l’adolescente, essayant vainement de la cacher quelque part.

 

-         Ici sur ordre de Sa Majesté, ouvrez !

 
Les deux frangins s’observèrent, étonnés.
 

-         Va ouvrir… Murmura Emma.

 

Le blond se racla la gorge, se recomposant un visage neutre et impassible. D’un bref regard, il fit signe à sa sœur de ne pas se montrer. Aurèle ouvrit la porte, tombant sur deux soldats, qui le regardaient tour à tour.

 

-         Aurèle ? Répliqua l’un deux.

 

L’intéressé hocha la tête, étrangement mal à l’aise.

 

-         Le prince vous a choisi comme hôte. Suivez-nous volontairement, ou cela sera de force.

 

L’adolescent, qui était bouche bée, était aussi perdu qu’Emma, cachée derrière la porte.

 

-         Je crois qu’il y a un problème, ce n’est pas poss…

-         De gré ou de force, Répéta le garde.

 

Le blond, incompréhensif à la situation, se força à les suivre, laissant Emma seule. Celle-ci était tout autant inquiète, mais n’intervint cependant pas, regrettant déjà d’être revenue…

 

Aurèle était passé par un bain, un habillement de première classe qui ne lui correspondait guère et qu’il trouvait trop léger à son goût,… une femme forte l’arrangeait encore, restant silencieuse et semblant réfléchir.

 

-         Je ne comprends vraiment pas sa décision… Marmonna-t-elle pour elle-même.

 

Elle leva ensuite les yeux vers Aurèle, les sourcils légèrement froncés.

 

-         Ne vous inquiétez pas pour Cassidy ! Il.. Il est doux et gentil, un jeune homme adorable…

 

Quelque peu intrigué par la réaction de la bonne, le blond ne faisait qu’hocher la tête, préférant garder le silence.

 

-         Vous savez, je m’occupe de lui depuis sa naissance… Il ne vous obligera jamais à… A...

-         Oui, merci, j’ai compris, Rétorqua simplement Aurèle d’un air distant.

 

La femme, qui n’était personne d’autre qu’Agathe, quitta l’adolescent d’un pas pressé. L’agriculteur se retrouva seul dans le long corridor, face à la porte de la chambre du prince. Il hésita longtemps à toquer, entrer directement ou fuir…

 

Mais ce fut ses doigts agiles qui décidèrent pour lui ; Lentement, il ouvrit la grande porte blanche. Le regard baissé, toujours sans regarder droit devant lui, il referma derrière lui…

 

Un silence bizarrement bienveillant régnait. La chambre était vide. Aurèle observait les recoins, assez émerveillé par tous ces décors. Un grand lit à baldaquin rouge gisait au fond de la gigantesque pièce, beau et imposant.

 

-         Je te demanderais de fermer les yeux, Ordonna une voix rauque derrière Aurèle.

 

Celui-ci exécuta silencieusement le désir du prince, qui s’approchait progressivement. Le blond sentit qu’on lui bandait les yeux. Les gestes de l’héritier se faisaient étrangement affectueux, rassurant le villageois qui restait de marbre.

 

Cassi se positionna face à Aurèle, quelques larmes chaudes glissant sur ses joues. Il porta sa main sur la nuque du blond, qu’il sentit frémir sous sa caresse. Rapprochant son visage de l’adolescent, il lui frôla les lèvres entrouvertes d’une lenteur calculée.

 

Après quelques attouchements confus, ce fut Aurèle qui eut l’audace d’introduire sa langue espiègle dans la bouche veinarde du prince.

 

Seulement, un simple échange suffit au blond de comprendre à qui il avait à faire. D’un geste vif et brusque, il ôta le ruban qui masquait ses yeux… Son visage resta impassible tandis que Cassi supportait très mal le regard accusateur du villageois.

 

Aurèle avait eu, durant quatorze jours, une horrible peine au cœur… Pour un gars qui lui mentait depuis le début. Qui jouait avec lui. Qui s’était, tout simplement, royalement moqué de sa naïveté.

 

Des doigts incertains vinrent s’entrelacer aux siens… Malgré sa colère évidente, Aurèle ne pu les repousser. Les émeraudes de Cassi le fixaient avec une telle intensité qu’il en restait impuissant.

 

Bientôt, le prince posa son front sur l’épaule réconfortante d’Aurèle. Celui-ci sentait des gouttes tièdes perler sa peau, le rendant un peu plus incompétent et désarmé.

 

-         Pardonne-moi de t’avoir caché cela… Murmura une voix brisée au coin de son oreille.

 

Pour réponse, le blond resserra l’étreinte qui s’était installée entre leur deux corps. Prenant cela pour un « Oui », Cassidy pressa une seconde fois ses lèvres en manque de leur jumelle, avec plus d’avidité et d’envie. Fougueusement, l’agriculteur répondit au baiser capricieux, soulevant en même temps son amant du sol pour aller l’installer sur le grand matelas.

 

Contre toute attente, le prince se sentit abandonné au milieu du grand lit. Il devina, par les bruits des frottements de vêtements, qu’Aurèle se déshabillait. Un petit sourire naquit sur ses lèvres, alors qu’il se détourna lentement le visage pour inconsciemment observer le blond dans son intimité… Mais quand son regard croisa le corps sous les draps et la mine furieuse du villageois, Cassi perdit très vite sa silencieuse joie. A son tour, il se dévêtit et rejoignit la chaleur des couvertures.

 

Un écart assez imposant séparait les jeunes français. Dos à dos, chacun des deux prenait partie à se remettre en question. L’un rongé par son silence n’osa pas s’exprimer, tandis que l’autre, anéanti et triste, se soumettait à un questionnaire dont il était le seul juge. Aurèle essayait tant bien que mal de se mettre en tête l’idée que Cassi lui avait menti et trahi. Lui, pauvre naïf et ignorant, avait.. Embrassé le prince. Touché le prince… Aimé le prince.

 

-         Aurèle… Je ne t’oblige à rien tu sais…

 

L’interpellé se redressa doucement, se rapprochant dangereusement du corps nu de l’héritier. Du bout de ses doigts, il frôla les frêles épaules de Cassidy. Peut-être n’était-ce qu’un murmure presque inaudible, mais le prince n’eut aucun mal à entendre ce qu’Aurèle venait de murmurer, et il ne pu que sentir les battements de son cœur s’accélérer…

par Inki Inochi
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Vendredi 29 février 2008
Chapitre XIV
 
 
-          Tu crois qu’ils partiront quand ? Murmura la jeune fille.
-          Je n’en sais rien, et je m’en fiche ! Tout ce que je veux c’est sortir d’ici, c’est trop étroit ! Grogna Cassidy.
-          Tu veux dire que je suis grosse ?!
 
Le prince éclata intérieurement de rire, et fit signe à l’adolescente de se taire, au risque de se faire repérer. Depuis presque vingt minutes, les deux amis étaient cachés dans une penderie, où ils étaient désagréablement serrés, d’une salle où le roi d’Allemagne et sa reine discutaient.
 
-          Et tout ça pour ta curiosité, franchement, tu fais chier… Râla-t-il encore.
-          Rhô ça va hein, comme si toi tu ne voulais pas savoir !
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