Samedi 28 juin 2008

Chapitre XIII

 

-          Kris ?

 

Le ton très étonné qu’adopta Kassian sembla vexer l’adolescent, toujours sur le pas de la porte. Kristian n’avait pas encore aperçu Kate, assis sur le comptoir. Il s’approcha de l’ukrainien, et lui vola un baiser auquel le jeune eut du mal à répondre. Ses joues prirent une satanée teinte rouge, simplement parce que le russe les observait avec cet air supérieur et moqueur.

 

Ce fut à cet instant que Kristian remarqua le corps svelte et sombre du slave.

 

-          Oh.. Salut… marmonna-t-il à l’intention de Kate, qui ne daigna pas répondre.

 

Kris savait très bien que le cinquième membre le haïssait. D’ailleurs, ce sentiment était réciproque, et la situation lui allait très bien ainsi. Il ne cherchait pas à comprendre la raison de ce rejet.

 

-          On va dans la chambre ? Chuchota-t-il à l’oreille de Kassian.

 

Celui-ci lança un regard à Kate, à la chambre, de nouveau à Kate…

 

-          Nan désolé.

 

L’aîné, tel que Kris, parut très étonné de la réponse. Tandis que le russe se retenait d’exploser de rire, le petit ami de l’ukrainien paraissait perdu.

 

-          Euh… Pourquoi ?

-          Je.. J’ai des trucs à faire…

-          A neuf heure du mat t’as un truc à faire ? S’étonna le cousin de Came.

 

Le blond triturait ses doigts, signe de nervosité. Lorsqu’il trouva une excuse plus ou moins potable, il se força à sourire du mieux qu’il put :

 

-          Bah… C’est gênant de te dire ça à toi… Kate m’apprend à lire…

 

Kristian éclata de rire, alors que le russe étouffa une exclamation d’injures. Il n’aimait pas vraiment servir ainsi d’alibi. Ce stupide petit ami était vraiment con de croire à une connerie pareille, surtout qu’il n’y avait aucun livre à l’horizon. Kris quitta les lieux après avoir donné un rendez-vous à Kassian, qui ne savait s’il allait s’y rendre...

 

-          Alors comme ça j’t’apprends à lire ?

-          Rho.. J’sais pas pourquoi j’l’ai envoyé chier… Mentit le gamin.

 

A vrai dire, il avait juste souhaité être seul avec Kate. De plus, il devait se l’avouer, Kristian était complètement sorti de sa tête… La présence du russe semblait le chambouler au point de lui faire oublier certains détails du genre.

 

-          Rien à foutre, faut pas qu’tu m’utilises pour te sortir de tes merdes.

 

L’adolescent s’apprêta à sincèrement s’excuser lorsque l’aîné quitta le comptoir pour se diriger vers la pièce interdite. « Y a mes joujoux qui m’attendent », avait mélodieusement chantonné le russe. Kassian le suivit à l’intérieure sans que Kate ne s’y oppose, ce qui le réjouit d’avance.

 

Semblant totalement ignorer la présence du jeune homme, le grand frère s’accroupit au sol, chipotant avec furie dans une boîte de carton. Kassian s’assit aux côtés de l’aîné, silencieux et absorbé par ses faits et gestes précis.

 

Dix minutes s’écroulèrent. Kate jouissait déjà du bonheur éphémère qui l’emplissait, couché à terre, un sourire perdu aux lèvres et la mine lointaine. Il caressait lentement la joue de l’ukrainien, lui marmonnant des mots incompréhensibles. Kassia se coucha auprès du corps du slave, et posa sa main sur le ventre de Kate. Ses doigts soulevèrent le tissu en même temps que sa paume glissait sur la peau blanche…

 

-          ..J’suis p’t’être défoncé, mais j’me laiss’rais pas abuser par un bébé…

 

Le prénommé bébé fronça des sourcils, vexé par les propos du plus âgé.

 

-          Mais j’abuserai jamais de toi, t’es malade !?

-          Mmmh… Ca pourrait être excitant… Chuchota le russe.

-          Nan, trop pas !

-          Si, si…

 

Ils se regardèrent longuement, avant que le russe n’esquisse un sourire à l’adolescent, qui murmura qu’il devrait « être aussi camé que Kate pour oser faire un bondage ».

 

-          …Tu m’filerais un putain d’orgasme si tu f’sais ça, t’sais..

 

Kassian rougit jusqu’aux oreilles, et baissa la tête, assez gêné à l’idée de faire une telle chose… Avec une telle personne… Il toussota légèrement, mal à l’aise, ce qui fit éclater de rire le slave.

 

-          Il m’reste d’la dope si t’veux.

 

L’ukrainien balbutia un « non merci, j’ai des trucs à faire », et s’en alla à la hâte se réfugier dans le salon. De son côté, Kate continua de ricaner, se roulant à terre sous l’hilarité de la situation.

 

-          Alleeez Kassia chériii, revieeens !

-          Non ! T’me fais peur quand t’es comme ça ! Cria l’ado depuis le salon.

 

La remarque ne fut qu’accentuer le rire du russe, qui ne sembla pas vouloir reprendre ses esprits.

 

-          J’vais… finalement aller voir Kris… Bye, à ce soir !

 

Quand la porte de l’appartement se referma, les rires de l’aîné commencèrent à s’estomper, pour laisser place à un visage aux traits déçus. Jaloux, il se releva avec difficulté, bousculant un carton qui renversa son contenu illicite au sol. Kate n’y prêta pas attention, et se dirigea vers la cuisine, d’où il se procura une bouteille de vin volée chez les bourgeois.  Il enfila ensuite sa veste d’un geste désarçonné, et s’empressa de quitter le bâtiment.

 

Il avait entendu le lieu du rendez-vous que ce connard de Kris avait donné au cadet. Chez Cameron.

 

 

Dans le métro, en direction de l’appartement de Came, l’ukrainien se cachait le visage de ses mains tremblantes. Il regrettait énormément d’avoir abandonné le russe dans cet état-là. Si jamais quelque chose devait lui arriver, il ne s’en remettrait sans doute jamais.

 

Mais Kate risquait de lui faire perdre ses moyens. Encore quelques minutes auparavant, il eut été tenté par une petite dope. Kassian constatait également, avec effroi, qu’en présence de son aîné, sa perversité comme son côté démon s’accentuait à une vitesse vertigineuse. Il le voulait à chaque fois qu’il le voyait, ça en devenait insupportable. Les yeux gris du russe, son corps élancé, son sourire intimidant et sa voix ironique… Il était irrésistible…

 

Descendant au terminus, Kassia prit le chemin habituel d’un air automate. Pourquoi allait-il chez Kristian, au juste ? Parce que contrairement à Kate, il ne refusait pas de coucher avec lui ? Parce que c’était un gars beaucoup plus facile que son frère… ?

 

Quelques larmes jaillirent, ruisselant sur ses joues rougies par le vent froid.

 

Et si il avait fait de la peine à Kate, en le laissant ainsi seul à l’appartement ? Arrivé au bas de l’immeuble, Kassian fit les cent pas, en hésitant à sonner. Cela ne servait à rien de courir après le petit cul de Kris, il le savait... C’était le cœur de Kate qu’il voulait, et ce n’était certainement pas en allant voir ailleurs qu’il l’obtiendrait. Seulement, ses envies sexuelles augmentaient de jour en jour, et la patience n’était pas l’une de ses qualités.

 

L’adolescent s’assit sur les marches de la porte, réfléchissant à tout ce qui pouvait le distraire de ses angoisses.

 

Alors que ses yeux balayaient le quai, il fut surpris de voir Kate qui descendait de la rame de métro. Celui-ci s’adressait aux passants, semblant demander sa route. Ce fut ainsi que le russe se tourna vers sa direction.

 

-          C… Comment t’as su où j’étais… ? Questionna Kassian.

 

Mais le russe ne répondit pas, lui empoignant plutôt la main. Kate jeta sa bouteille vide et enlaça l’ukrainien avec brusquerie, complètement saoul mais paraissant un brin lucide.

 

-          Pourquoi... Tu m’as laissé pourrir pour.. v’nir voir ce… putain de con de merde de fils de pute de Kris ?!

 

Kassian resta muet. En partie parce qu’il n’avait pas la réponse à la question… Mais surtout parce qu’il était sous le choc du fait que Kate ait couru après lui… Un large sourire se dessina sur son visage, dont les traits étonnés avaient laissés place à la joie de constater que Kate tenait à lui.

 

-          Réponds moi gros naze ! Parce que c’vexant d’penser qu’tu préfères c’gars à moi ! Renchérit l’aîné sur un ton de reproche.

-          Oh… Euh… Tu voudrais que je te préfère ? Pourquoi ça… ?

-          Pour… ma propre… putain d’satis.. faction, Articula le grand frère.

 

L’adolescent fronça des sourcils, très désenchanté de la réponse. Kate n’était pas vraiment le plus romantique des hommes, mais il ne cherchait même pas à faire un simple effort ! « T’es trop con ! » avait marmonné Kassia, ce qui eut pour effet d’énerver le grand slave. Celui-ci se surprit soudainement à vouloir embrasser le gamin. Pour le faire taire… Oui, c’était ça, juste pour le faire taire ! Ce fut sur cette pensée rassurante qu’il porta l’ukrainien, le coinçant entre le mur de l’immeuble et son corps.

 

Kassian savoura la chaleur des lèvres de son frère, malgré l’omniprésente odeur d’alcool…

 

 

Plus haut, à l’une des fenêtres du bâtiment, Cameron et Miko, accompagnés d’amis, discutaient avec animosité lorsque le regard du résident se posa sur les deux hommes devant l’entrée… Hommes qu’il s’avérait connaître.

 

-          Kris ! Appela Came, Viens une minute.

 

L’adolescent accoura vers son cousin, la mine interrogatrice.

 

-          Ouep ?

-          En c’moment tu sors bien avec le p’tit Kassian, nan ?

 

Kristian hocha positivement la tête, inquiet du ton de Cameron.

 

-          Bordel, les enculés !

par Inki Inochi
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Samedi 28 juin 2008

Chapitre XII (Partie II)

 

-          Un jacuzziii ! S’exclama Kassian, déjà enthousiaste à l’idée de s’y détendre.

-          Ouais bah crève, il est à moi, Rétorqua Kate qui vola brutalement les rêves du plus jeune.

 

L’aîné mit quelques temps à comprendre le système de cette baignoire. Chose faite, il y fit couler l’eau chaude, y ajoutant un parfum à la lavande qui donna une teinte rosâtre au liquide. Il se déshabilla sous l’œil malicieux de Kassian. Celui-ci observait silencieusement le russe ôté son t-shirt déchiré, afin de laisser place à un torse imberbe, dont les traits dessinés étaient voyants à cause de la minceur du corps.

 

L’adolescent, désireux de rejoindre son Kate chéri d’amour, quitta tous ses vêtements en un temps record. Avant que le russe n’ait pu dire « Ouf », le voilà qui était collé à une sangsue blonde grandeur nature.

 

-          T’es vraiment pas possible, gros con, pas moyen d’être zen avec toi ! Grogna l’aîné.

 

Kassian n’écouta pas, et préférait voir son frère plier les jambes, pour s’enfoncer un peu plus dans l’eau. Ses paupières closes disparurent aussi sous l’eau, ne laissant apparaître que son nez, sa bouche et son menton.

 

S’accoudant aux bords du jacuzzi, l’ukrainien se dirigea négligemment vers la tentation qu’étaient les lèvres de Kate. Celui-ci ne bougeait pas, mais le cadet se douta fort bien qu’il avait remarqué ses avances…

 

-          ..Kassia… Tu recommences, là…

 

L’interpellé se positionna déjà sous le bassin du russe, s’y installant confortablement. Il plongea sans hésiter une partie de son visage sous l’eau, afin de pouvoir goûter une nouvelle fois à la peau sucrée du cou de son jules. Celui-ci ne riposta pas, préférant très clairement l’audace du gamin. De ses mains habiles, il caressa lentement les fesses de l’adolescent. Un geste d’affection qui s’avérait être purement spontané, bien qu’il voyait par là encourager Kassian à continuer ses délicieuses caresses…

 

-          Cette nuit ne t’as pas suffit ? Minauda le russe.

-          C’étaient des câlins très poussés… Moi je te veux complètement…

 

Le grand frère éclata de rire, brisant quelque peu l’instant présent. Il se redressa avec difficulté, et enleva le peu de mousse qui squattait son visage avant d’arborer un sourire charmeur au cadet.

 

Ils se fixèrent intensément, Kassia ne perdant pas une miette des traits de son aîné. L’adolescent ne voyait plus que le russe, si bien que son cœur brûlant fit un bond lorsqu’une main entoura son sexe tendu.

 

Toujours en l’observant de cet air provocateur, Kate commença de lents va-et-vient, savourant les gémissements refoulés du plus jeune. Les traits de l’ukrainien n’exprimaient rien d’autre qu’un désir évident. Il se déhancha lentement, sans pouvoir se contrôler. Sa respiration saccadée fusait déjà et, encore inexpérimenté, il éjacula très vite. Déçu de ne pas avoir pu se contenir, il se mordit la lèvre avec regret. Le russe se moqua intérieurement, mais lui intima tout de même de s’approcher de lui, ordre que Kassian n’hésita pas à exécuter.

 

Kate lui offrit un baiser aussi tendre que passionné, poursuivis de caresses lentes, imprécises, mais intenses… Les visages à proximité, ils se frôlaient le bout de leur nez, attisant implicitement le désir de l’autre. Leur petit manège arracha des sourires en coin autant à l’un qu’à l’autre. Le russe entoura les épaules du cadet, l’invitant à se reposer sur son torse. Il resserra l’étreinte, ce que Kassia trouva étrange mais bien plaisant.

 

-          Tu m’laisses tranquille maintenant ? Le taquina Kate d’une voix enjouée.

 

Intimidé, le gamin hocha timidement la tête. Ils ne décochèrent pas un mot durant plusieurs minutes, préférant savourer la richesse d’autrui. Ce ne fut que quand l’heure se fit tardive qu’ils quittèrent le confort silencieusement, afin de regagner leur taudis.

 

-          Mais où vous étiez bordel ?! Cria Andrea, qui était crispé sur le canapé.

 

Tandis que l’ukrainien priait intérieurement la divinité céleste pour faire taire Kate, celui-ci ne sembla pas vouloir lui accorder grâce.

 

-          On te l’a dit, mais t’étais trop défoncé pour t’en rapp’ler, Rétorqua le russe.

 

Kassian se tapa le crâne de la main, soupirant bruyamment pour essayer de clore cette stupide dispute, qui ne tarderait pas à dégénérer. Les deux majeurs se fusillèrent longuement des yeux, l’un attendant la réplique de l’autre.

 

-          Espèce de grosse conne, Cracha simplement Andreï en claquant la porte de sortie.

 

Kassia fixa méchamment Kate, qui paraissait indifférent à ce reproche visuel.

 

-          T’sais très bien qu’Andy est sensible au sujet d’sa dope ! Pourquoi tu le rabaisses encore ?!

 

Le russe haussa les épaules, restant les bras croisés, muet et impassible. L’adolescent laissa tomber les deux sacs poubelles remplis de biens des bourges, et se lança à la poursuite de son aîné.

 

Seulement, lorsqu’il ouvrit la porte, la silhouette d’un invité imprévu se dessina sur le seuil…

 

 

par Inki Inochi
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Jeudi 26 juin 2008

Chapitre XII (Partie I)

 

-          ..Wah… C’était… Commença l’ado, pris de sensations fortes et de tremblements.

-          Ouais… C’était…

-          Waw…

-          Ouais… Exactement ça… Confirma le russe, tout aussi satisfait.

 

Un silence de plomb, pourtant loin d’être gênant, s’installa entre les deux slaves, couchés sur le matelas, encore essoufflés. Kate eut un petit rire moqueur avant de retourner son visage vers celui de l’ukrainien.

 

-          C’est la première fois que c’était aussi bien… Souffla-t-il.

-          Ouais.. Pour moi aussi… Sans doute parce que t’es plus âgé…

-          Mh… Pour moi, c’sans doute parce que t’es plus jeune…

 

Ils acquiescèrent en hochant la tête, silencieux, avant de relever les yeux vers le plafond. Un certain écart s’était imposé entre leurs deux corps, après leur moment d’intimité.

 

-          Ce.. Ce qu’on a fait doit rester entre nous… J’pense…

-          Ouais t’as raison… L’appuya Kassia.

 

Le russe s’éclaircit la gorge, se posant mille et une questions. Ce qu’il venait de faire avec Kassian… C’était… Enfin, d’habitude, il ne le faisait pas avec autant d’intensité dans les gestes, dans les regards…

 

-          J’crois que j’vais sortir faire un tour, Déclara l’aîné, se relevant en tibutant légèrement.

-          Quoi ? A cette heure-ci ? Mais fait tout noir dehors !

-          Bordel Kassian, t’crois qu’j’ai peur du noir ou quoi ?!

 

L’interpellé se renfrogna, et conclut que Kate regrettait déjà et qu’il s’apprêtait à foutre une nouvelle fois cette putain de distance. Cependant, il allait jouer les chiens battus. Après tout, personne ne savait si le russe résistait ou non au boule de poils !

 

-          Pars pas, Kate, s’te plaît…

-          …P’tain, fais chier… Marmonna l’aîné en tombant lourdement sur ses genoux.

 

J’savais qu’ça allait s’passer comme ça… J’savais qu’il commencerait avec ses conneries de supplications… J’savais, j’savais, j’savais que j’allais pas y résister, putain !

 

-          Ouais ouais, mais va pas croire hein, c’juste parce que j’ai sommeil que.. j’vais me rendormir pénard… Grogna le grand frère.

 

Ils se recouchèrent, Kassian rejoignant son matelas respectif avec un sourire niais scotché aux lèvres. A peine dix longues minutes s’écroulèrent que l’adolescent rouvrait son infatigable appareil buccal.

 

-          Kate… J’arrive toujours pas à dormir…

 

A son étonnement, le russe lui répondit aussitôt que lui non plus ne trouvait pas le sommeil.

 

-          Et si on… Commença Kassia.

-          On nan hein ! T’es p’t’être increvable, mais moi ouais !

 

L’ukrainien rougit violement, gêné, puis se rattrapa très vite d’une voix tremblotante.

 

-          Mais non ! Juste dormir ensemble !

-          Oh, ça…

 

Kassian n’attendit pas le consentement de son aîné pour venir se blottir, timidement, sous la fine couverture du grand slave. Celui-ci grogna. De contentement ou désaccord, nous ne le saurons jamais !

 

Kassia posa délicatement mais indiscrètement sa main sur le torse nu de l’aîné, qui soupira face à ce geste d’affection. Le gamin ferma les paupières, et étrangement, il se rendormit avec une facilité déconcertante…

 

Trois heures plus tard, lorsque Kate et Kassian étaient entre le sommeil et l’éveil, deux imbéciles firent brutalement irruption dans la pièce, l’un hurlant des « Oléééééé Olééé ! » et l’autre mimant des hennissements d’étalons dépressifs.

 

L’ukrainien entrouvrit une paupière, et pria Dieu quand il aperçut Andrea qui faisait le cheval, avec son maître Jelski sur les fesses.

 

-          MAIS FERMEZ VOS GUEULES BORDEL, CASSEZ-VOUS D’ICI ! Hurla Kate, mort de fatigue.

 

Les deux fous furieux, sous l’emprise de la drogue, ne prirent pas l’alerte au sérieux.

 

-          Oui ! Bonjour à toi aussi, cher ami ! As-tu seulement bien dormiii ? Ricana Andreï, adoptant un ton de bourge.

 

Le russe leur balança son sac à la gueule, et se recoucha en se bouchant les oreilles à l’aide de l’oreiller.

 

-          Ma foi, t’es trop sexy en causant comme ça, chér… Hé, mais qu’est-ce qu’ils foutent dans l’même lit ? S’étonna Jelski.

 

Les deux pairs d’yeux se posèrent sur les intéressés, qui avaient bêtement oublié cet embarrassant petit détail…

 

-          Z’avez baisé ?

-          Non ! J’avais froid et j’suis v’nu dans son lit ! Se défendit l’adolescent, soudainement bien éveillé.

 

Kate lui lança un regard mauvais, pour la stupide réplique que Kassian avait trouvé. Même pas ses deux défoncés le croiraient.

 

-          Aaah ok, on pige mieux ! S’exclama le lituanien.

 

Kassia tira alors la langue à son aîné, fier de l’avoir bien remis en place. Le duo de choc sortit de la chambre, toujours avec ce même vacarme infernal. Et ils n’avaient même pas de voisins pour se plaindre, voire se suicider, le monde était vraiment bien fait…

 

-          Bon, moi j’ai une de ces dalles, Trancha le russe en se relevant.

 

Kassia le suivit aussitôt, il ne souhaitait pas se retrouver seul dans ce « lit ». Au salon, ils remarquèrent l’absence de Miko, sans doute au taff. Les deux émergés posèrent alors leurs yeux sur le comptoir… Vide.

 

-          Sandwichs ? Où qu’ils sont les sandwichs ?! Tonna-t-il, de mauvaise humeur à cause de sa faim.

-          Dans mon c… Commença l’ukrainien, qui lui était plutôt d’humeur sarcastique.

-          Aaaah ouais ! J’ai zappé d’dire que j’ai ach’té ma dope à la place de la bouffe, sorry les gars, Avertit Andrea, qui courait toujours de droite à gauche avec Jelski sur le dos.

 

Kate ravala sa salive pour s’empêcher d’hurler sa frustration. Il shoota dans le mur le plus proche, avant de se frotter les yeux pour pitoyablement croire au pire de ces cauchemars. Sur ce coup-là, Andrea avait vraiment fait la salope, bordel.

 

-          Bon, Répliqua Kate sur un ton qui inquiéta instantanément le gamin.

 

L’aîné se racla la gorge et, regardant le sale temps qu’il faisait dehors, il déclara :

 

-          A cette heure-ci, les bourges pioncent.

-          Et ? S’affola Kassia.

-          Et ? ET j’ai envie de bouffer, ET de prendre une douche, ET tout ça. T’me suis ?

 

L’adolescent écarquilla les yeux, choqués des propos de son grand frère, qui n’était pas des plus exemplaires.

 

-          Tu.. Tu penses quand même pas qu’on va les cambri…

-          Fais moi confiance.

 

Bouche bée, Kassian vit son amoureux secret enfiler ses vêtements usés à la va-vite. Se procurant deux sacs poubelles, il demanda d’une voix froide :

 

-          Tu veux v’nir ?

-          T’es.. complètement… Tarééé… !

 

Malgré ses mots, Kassia arborait un sourire mi éclatant, mi mauvais. Il suivit Kate sans la moindre hésitation, un brin d’excitation dans le corps. Que le russe lui consacre du temps était son souhait, et il se réalisait…

 

 

-          Hé bah ! On peut pas dire qu’c’est p’tit ! Marmonna jalousement l’ukrainien en observant, du pas de la porte, le gigantesque jardin.

 

Pendant qu’il faisait le guet, l’aîné débranchait le système d’alarme le plus banal qu’il n’ait jamais vu et désactivait les caméras de surveillance constantes. Ces airs professionnels firent peur au cadet, qui était à présent sûr que le passé de Kate n’était pas tout à fait angélique.

 

-          Dit… C’pas la première fois que tu fais ça, pas vrai… ?

-          Entre, Répondit simplement le grand frère.

 

Sans broncher, Kassia pénétra dans l’immense et silencieuse villa. Pas une seule mouche ne volait, ni aucun cafard à l’horizon… C’était effrayant ! Les carrelages étaient aussi blancs que les murs et les décorations.

 

-          Putain ils se l’ont joué Paradize ou quoi ?!

 

Kate administra une frappe au crâne de l’adolescent, lui intimant de la fermer tant qu’il ne se saurait pas occupé des habitants.

 

-          Ayaaaah tu vas les tueeeer ? Chuchota l’ukrainien en plein délire.

 

Le slave soupira et monta à l’étage. Ils entrèrent dans une chambre dont la porte était entrouverte. On pouvait distinguer une jeune femme d’environ vingt ans, aux côtés d’un vieil homme qui dormait tel un mort dans sa tombe.

 

-          Ce genre de nana, Kassia… Commença le russe en cherchant quelque chose dans son sac, se sont de vraies garces qui sont prêtes à s