Vendredi 14 décembre 2007
Chapitre XXXII
 
 
Keisuke n’avait rien compris quand un gardien lui annonça de le suivre « Sans faire d’histoire ». Il avait d’abord cru à un appel à la direction, mais il s’étonna quand il se trouva face à la salle des visites.
 
Tandis qu’il se faisait fouiller par le garde avant de faire son entrée, il pensait à cette chose inhabituelle. Depuis qu’il était enfermé ici, jamais personne ne lui avait rendu une quelconque visite. Alors il trouva vraiment absurde que cela lui arrive du jour au lendemain…
 
Il entra lentement dans la salle, toujours dans ses songes…
 
Vraiment bizarre.. Je me demande c’est qu..
 
-         Joël !? S’étonna-t-il quand il vit son amant, qui baissait la tête, tandis qu’une femme métisse debout à ses côtés lui tendait une main bienveillante.
 
-         Bonjour. Flavia Jamilla, enchantée d’enfin faire ta connaissance !
 
Ah, d’accord. Takeshi comprenait tout, maintenant. C’était « L’avocate ». « Celle qui arrangeait les problèmes ». Il eut un rire ironique qui fit baisser la main de la femme. Le japonais se retournait afin de s’en aller. Il n’avait rien à faire ici ! C’était vraiment du foutage de gueule !
 
Joël, qui avait prévu ce rejet, se leva et enlaça l’asiatique par derrière. Celui-ci s’arrêtait de marcher sous cette étreinte.
 
-         Kei.. S’il te plaît… Mon amour… Je te demande juste.. De l’écouter…
 
Takeshi eut le cœur serré quand il sentit les larmes chaudes de son amant couler sur sa nuque, et quand cette voix rauque lui parvint aux oreilles… Cela dit, il ne changea pas d’avis. Il trouvait vraiment humiliant qu’on ait pitié de lui, il détestait ça et ce sentiment désolant. Il n’avait besoin l’aide de personne.
 
-         Je n’ai demandé l’aide de personne. Personne, tu entends ? Ca veut dire que la tienne non plus ! Je ne veux pas de votre putain de pitié !
 
A ces mots blessants, Joël resserra ses bras aux épaules de son compagnon, qui malgré ses paroles, n’était toujours pas parti. Keisuke n’avait pas le droit de dire une chose pareille. C’était digne de ceux qui se voilaient la face. Digne des perdants.
 
-         Kei, comment peux-tu croire que c’est de la pitié ?! C’est une aide ! Tu veux vraiment rester coincer ici toute ta vie ?!
-         Ca ne regarde que moi, je suis désolé.
 
Il retraça ses pas, obligeant à Joël de le lâcher par un simple regard inexpressif. Quand Joël tourna son visage vers l’avocate, celle-ci souriait béatement.
 
-         Je sens qu’il ne faudra que quelques faits et paroles insistants pour qu’il cède ! Joël, je t’assure ! Son corps entier réclame cette aide ! C’est juste lui et sa fierté qui coincent !
 
Le pénitencier eut un triste sourire aux lèvres. Flavia le regardait un instant, et reprit sa petite mascarade :
 
-         Et même s’il ne cède pas, Joël, tu vas sortir d’ici, c’est moi qui te le dis !
 
La motivation de l’avocate lui fit un peu peur, il savait qu’elle obtenait ce qu’elle voulait rien qu’à voir sa détermination.
 
-         Je te laisse une nuit pour le convaincre. Après quoi, je reviendrais. Bonne fin de journée ! Lança-t-elle en un sourire coquin.
 
Une nuit pour le convaincre.. ?

En plein dans ses pensées, où défilaient des milliers d'image de Keisuke dans des positions quelques peus compromettantes, Joël se dirigeait vers la cours, où les minutes de leur deux heures de répits s’écroulaient lentement.
 
Pourquoi Keisuke refusait-il cette aide ? Etait-ce vraiment à cause de sa fierté ? Jamilla avait-elle raison ? Ou.. Ou était-ce, simplement, qu’il ne voulait pas sortir d’ici ? Qu’il se foutait de leur amour, leur vécu ?
 
Cette hypothèse lui fit froid dans le dos. S’il sortait d’ici sans Takeshi, une fois dehors, il ferait tout pour y revenir. C’était aussi simple que ça, vivre sans son âme sœur lui était impossible.
 
-         Bonjour jeune homme ! S’exclama une voix.
 
Joël leva les yeux pour découvrir un visage souriant, un regard amical, un regard rieur. Bref, c’était le gentil Valentin en personne.
 
-         Tu m’as l’air bien pâle ! Que se passe-t-il ?
 
L’interpellé écarquilla encore plus les yeux. Quelle étrange sensation il ressentait là, à voir Val lui parler si poliment.. Si gentiment… Oh god, il ne s’y habituera jamais !
 
-         Tu es seul ?
-         Non…
-         Ah ! Tu as un ami fantôme ? Rit bêtement le gardien.
 
Joël émit un soupir las tandis que Valentin s’assit à ses cotés.
 
-         Allez, raconte-moi tout !
-         Je ne crois pas que ça t’int..
-         Bien sûr que si !
 
Le prisonnier décida d’être franc. C’était tout de même VA-LEN-TIN. Celui qui l’avait violé. Celui à qui il avait dit « Non ».
 
-         Je n’ai pas envie d’en parler, c’est tout.
-         Très bien ! Alors je vais le faire. Sais-tu pourquoi les autres gardes me supplient de « Redevenir comme avant » ?
-         Non. J’espère juste que tu ne vas pas les écouter.
 
Valentin hocha brièvement la tête, le regard perturbé. Joël ne put s’empêcher de le regarder longuement. Val avait changé, et il dirait bien « grâce à lui ». Sans ce coup à la tête, il serait resté le connard qu’il était.
 
-         Dit.. Commença Joël, hésitant.
-         Oui ?
-         Je.. Je pense que la prison n’est pas un endroit pour toi.. Tu ne devrais pas bosser ici.
 
Valentin haussa un sourcil, ne semblant évidemment pas comprendre. Joël, lui, était nostalgique. Ce qui était arrivé avant l’accident de Val le navrait, il serait préférable pour Val qu’il prenne, enfin, un nouveau départ ailleurs.
 
-         Une partie de toi ne veut pas être là.. Je sais ce que je dis, tu devrais démissionner.
 
Joël le laissait sur ces mots, il n’avait plus du tout envie de discuter. Il cherchait vainement Keisuke du regard, sans le trouver. Il rejoignit alors sa cellule, où le corps du japonais était allongé sur le matelas..
 
Joël ôta ses chaussures laides pour s’enfoncer sous les draps avec l’asiatique, qui gardait les yeux fermés. Il émit un petit rire discret. Ce que Kei pouvait être con, parfois !
 
-         Je sais que tu ne dors pas, Kei !
-         Tant mieux pour toi, moi je sais que j’essaye de dormir.
 
Le japonais lui tourna le dos. Joël fulmina intérieurement. Il n’allait pas se laisser ainsi faire ! Il monta sur le japonais afin de passer de l’autre côté, lui faisant à nouveau face.
 
-         Joël, arrête de m’emmerder !
-         Pourquoi refuses-tu mon aide ?
 
L’asiatique soupira d’une lassitude évidente et changea de position une seconde fois.
 
-         Kei ? Keeeeei ! Kei Kei Kei Kei Kei Kei Kei Kei Kei Kei Kei Kei Kei Kei Kei Keeeeeeeeeeei !!! KEI je vais pas te lâcher, crois-moi !
-         JOEL ! Ca suffit ! Tu n’es pas un gamin, merde !
-         Hooo mon amour, c’est bien la première fois que tu perds ainsi le contrôle ! Perdrais-tu patience ? Sourit Joël, qui suivait les fameux conseils de Flavia.
 
Takeshi lui lança un regard meurtrier avant de reposer sa tête sur le coussin.
 
-         Tu es vraiment beau quand tu es énervé, mon amour.. Y a tes fins sourcils qui froncent, ton regard incroyablement sexy posé sur moi.. Haa, j’en ai des chaleurs !
 
Joël ne le savait pas, mais dans son coin, l’asiatique avait un petit sourire satisfait aux lèvres. Il ne dit cependant rien, laissant son amant délirer tout seul.
 
-         Tu sais, mon cœur, si on sortait d’ici.. On aurait un appartement rien qu’à nous… On fera l’amour dans toutes les pièces… La cuisine, le salon, et pour bien faire romantique, les toilettes aussi ! Ca te dit rien, tout ça ?
 
Keisuke avait perdu son sourire. Et Joël avait perdu sa voix enjouée.. Il parlait à présent avec une tristesse perspective dans son ton…
 
Les joues de Joël se posèrent sur les épaules dénudées du japonais, qui frissonna en sentant les larmes de son compagnon mouiller sa peau.
 
Finalement, il le prit dans ses bras. Le voir pleurer par sa faute était la pire des choses qui pouvaient lui tomber dessus, surtout en ce moment. Il releva d’un revers de main le menton de son amant, et essuya ses larmes du bout des doigts.
 
Keisuke lui vola par la suite un baiser langoureux, auquel Joël ne tarda pas d’y participer aussi.
 
-         Kei.. Rép.. Réponds-moi…
 
L’asiatique aventurait ses lèvres sur le cou qui lui était offert, caressant d’une main leste les hanches fuselées qui, désormais, lui appartenaient. Tout l’être de son amant était à lui, il ne devait pas l’abandonner. C’était la raison pour laquelle sa décision était prise…
 
Joël se laissa dominer par Takeshi, qui lui enleva son haut avant de se coller à son torse. Sentir son léger poids sur lui, son érection collée à la sienne, ne faisait qu’attiser son désir constant imprégné dans son cœur.
 
Keisuke le rendait plus vif, plus ardent, plus déterminé… Plus amoureux chaque jour.
 
Une langue espiègle taquina un court instant ses tétons affermis, le faisant inconsciemment trembler de tout son long.
 
Quand Joël rouvrit les yeux, c’était parce qu’il ne sentait plus l’agréable chaleur du japonais contre son corps. Il remarqua, amusé de ne s’en être pas rendu compte, qu’il était déjà en tenue d’Adam.
 
Il trouva affreusement vicieux que Takeshi ne l’ait pas laissé le déshabiller à sa guise ; C’est-à-dire lui déchirer à l’aide de ses dents tout ce qui était qualifié de « Tissu ».
 
Joël empoigna vivement la nuque du japonais, l’attirant contre son corps pour un second baiser où il eut le plaisir de sentir la langue baladeuse de son jules jouer avidement avec la sienne.
 
Petit à petit, le japonais atteignait le point sensible de son bien aimé ; Son bas ventre. Keisuke savait qu’il devait y passer lentement le bout de ses doigts…
Il savait à quel point Joël aimait sentir sa bouche se poser délicatement plus bas.. Il savait que Joël adorait quand ses mains frôlaient l’intérieure de ses cuisses…
Il savait que Joël le vénérait quand il le préparait de la plus délicieuse des façons..
 
Les débuts de gémissements impatients retentissaient aux oreilles de l’asiatique, qui était fier de son effet qui, oserait-il penser, ne laisserait personne indifférent.
 
Remontant jusqu’au visage adorablement détendu de son conjoint, il laissa sa langue rôder sur tout le long du torse imberbe, y abandonnant des traces de sillon.
 
Takeshi glissait une main vers les cuisses de son amant, qu’il écarta doucement tout en l’embrassant avec une lenteur précise. Il pénétra lentement un doigt dans l’orifice, suivit d’un deuxième, plus entreprenant.
 
Joël bougeait son bassin au rythme attribué par Keisuke, qui cachait son visage dans le creux des épaules du blanc.
 
-         Oui, j’accepte..
 
Ses mots firent oublier à Joël la douleur qu’un certain troisième doigt lui procurait. Kei était d’accord.. Il acceptait son aide…
par Inki Inochi
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Vendredi 2 novembre 2007
Chapitre XXXI
 
 
-         Bonjour Messieurs ! Puis-je vous demander où se trouve le bureau de la direction, s’il vous plaît ? Demanda le gardien d’une voix polie.
 
OH-MY-GOD.
 
OH-MY-GOD.
 
OH-MY-GOOOD.
 
Valentin se tenait juste devant lui, un sourire amicale jusqu’aux oreilles. Joël, ainsi que les autres pénitenciers, furent presque choqués de la gentillesse de l’ancien tyran.
 
Tellement choqués qu’ils ne répondirent pas, le regardant tous d’un œil mi amusé, mi septique.
 
-         Euh.. Excusez-moi ?
 
Joël leva une main en direction du bâtiment où se trouvait le directeur, le fixant toujours, les yeux ronds de stupéfaction.
 
-         C’é.. C’était Val, ça.. ? J’y.. J’y crois pas.. Bégaya l’un des taulards.
-         Si.. C’était lui…
 
Joël s’avançait, en même temps que les autres, vers la cafétéria, où il retrouva Keisuke assis, à leur même table.
 
-         Mon dieu, Kei, je .. J’suis choqué..
-         T’as vu un tout petit sexe ?
-         Pire.. Ô oui, bien pire !
-         Et qu’est-ce que c’est ? Interrogea Takeshi, maintenant très curieux.
 
Joël n’eut pas le temps de répondre que le Directeur entra dans la cafétéria, en même temps que Val.
 
Keisuke faillit s’étouffer.
 
-         Qu’est-ce qu’il fout là, lui !?
 
Le Directeur se racla la gorge, captant l’attention de tout le monde. Quoique c’était plutôt le sourire idiot qu’arborait Valentin qui les captait tous, même les gardiens.
 
-         Après l’incident de Monsi..
-         Oh, appelez-moi Valentin, nous sommes amis tout de même ! Répliqua le gardien, frustrant le Dirlo qui l’était déjà assez comme ça.
 
Celui-ci se hocha furtivement la tête.
 
-         Après le tragique incident de Valentin, celui-ci avait perdu la mémoire. Depuis qu’il s’est souvenu qu’il travaillait là, il a voulu reprendre le boulot. Souhaitons lui.. Bonne chance…
 
Tandis que Valentin hochait la tête en montrant toutes ses dents, le Directeur ainsi que les gardiens, et quelques taulards, applaudissaient.
 
Takeshi, lui, était resté la bouche ouverte, sa main tenant la fourchette, du début à la fin. Il était aussi étonné que la moitié des gens ici.
 
-         T’as vu !! Grâce à moi il est devenu un homme bien ! Se réjouissait Joël.
-         Tu parles.. Sa mémoire, il va vite la retrouver.
-         Kei.. Faut savoir pardonner..
-         Ce qu’il t’a fait, je le lui pardonnerais jamais.
 
Joël ne préféra pas insister. Lui aussi s’était dit ça.. Mais maintenant que celui-ci avait prit un nouveau départ, il préférait oublier et pardonner. Il n’était finalement pas si rancunier qu’il le pensait.
 
Dans la cour, Keisuke regardait Val qui échangeait des mots avec les pénitenciers les plus jeunes.
 
-         Regarde-le.. Il ferait presque pitié.
-         Vois-le comme tu veux Kei. Moi j’dois y aller, Jamilla m’attends sûrement.
 
Joël, qui était blottit contre Takeshi, releva la tête et attrapa ses lèvres. Le japonais y répondit avec douceur, entremêlant sa langue à sa jumelle et mordillant les lèvres roses de son amant.
 
Celui-ci se défit de l’étreinte de son partenaire.
 
-         T’es trop gourmand mon amour, Répliqua-t-il avec un sourire.
-         C’est toi qui est délicieux, Ironisa gentiment l’asiatique.
 
Joël tira la langue et se précipita à la salle des visites, où il s’assit sur une table ronde près d’une fenêtre. Il n’attendis qu’une dizaine de minutes.
 
-         Joël, je ne te comprends pas ! Répliqua-t-elle sans un bonjour.
 
Il ne répondit rien.
 
-         Tu as la chance de sortir et tu refuses mon aide ! Explique-moi, je suis totalement perdue !
-         C’est compliqué, je..
-         Ho ne t’inquiète pas, j’ai tout mon temps !
 
Zut.
 
-         Ecoutes.. Je veux rester car.. Je sors avec un prisonnier…
-         Je ne vois pas le rapport ! Se plaignit-elle.
-         Le rapport c’est que je l’aime et que je ne veux pas le quitter ! S’emporta-t-il.
 
Les larmes de Joël firent leur apparition, déstabilisant complètement l’avocate.
 
-         Il est condamné à perpétuité, je ne veux pas me séparer de lui ! Gémit-il, la voix douloureuse.
-         Oh Joël, je.. Je ne savais pas..
-         Evidemment que vous ne saviez pas..
 
Elle se perdit un instant, regardant le ciel à travers la fenêtre. Puis, elle eut un bref sourire.
 
-         Joël ! Et si tu me le présentais, ce petit ami ?
-         Hein ?
-         Oui. Laisse-moi discuter avec lui.
-         P.. pour faire quoi… ?
-         Ecoutes, j’ai une solution à ton problème. Laisse-moi parler avec lui, et je verrais si sa condamnation peut être changée.
-         Son histoire est vraiment compliquée ! Il me cache même beaucoup de chose, et je..
 
De sa paume, elle tapa sur la table avec force, ce qui fit sursauter Joël qui était démoralisé.
 
-         Fais-moi confiance. Je pense qu’à moi il me dira tout, s’il veut vraiment sortir de là. Mais tout d’abord je m’occupe de ton cas, ok ? Une fois que tu seras libéré, je te promet qu’il te rejoindra dehors s’il est innocent !
 
La bonne humeur de l’avocate était-elle contagieuse ? Dans tous les cas, Joël reprit confiance en elle. Jamilla prit un carnet et un bic, où elle inscrivit quelques notes.
 
-         Comment s’appelle-t-il ?
-         Takeshi Keisuke.
 
Le regard de la femme s’assombrit.
 
-         Répète ça !
-         Tak.. Takeshi Keisuke..
 
Elle se cogna la tête et poussa des jurons inaudibles.
 
-         Joël, t’aurais pas pu tomber amoureux d’un homme moins complexe que lui ?
-         Pourquoi tu dis ça ?
-         Je connais cette affaire. Elle a scandalisé beaucoup de gens, à l’époque. J’ai toujours su qu’il n’était pas coupable. Mais durant ses procès, il n’ouvrait jamais la bouche. Pas une seule fois. Alors tu comprendras que les avocats, les juges, et les jurys, n’avaient pas d’autres choix que de l’enfermer, c’était quand même un triple meurtre.
 
Joël était surpris que Keisuke soit connu. Même si c’était une mauvaise réputation, il était connu. Et grâce à ça, il pouvait être aidé ! L’avocate poursuivit son petit récit, au plus grand bonheur de Joël, qui allait enfin tout savoir, même si ça ne sortait pas de la bouche de Takeshi.
 
-         Tu vois, les preuves, je ne sais pas s’il y en avait, je n’ai pas été en contacte avec ceux qui travaillaient sur ce dossier. L’enfoiré qui envoyé Takeshi en prison vit dans de l’argent maintenant !
-         Il m’a dit que c’était de la légitime défense, Annonça Joël.
-         Pa.. Pardon.. ? S’étouffa Jamilla qui buvait dans son verre.
 
Elle semblait étonnée, très surprise.
 
-         Mais quel idiot, pourquoi ne l’a-t-il pas dit, à son procès ?!
-         Je vous interdit de le traiter d’idiot ! Même si.. Sur ce coup là, il a été stupide…
 
Jamilla se leva, et appela le garde le plus proche.
 
-         Faites-moi venir Takeshi Keisuke s’il vous plait !
par Inki Inochi
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Mercredi 31 octobre 2007
Maj non relue car une grosse flemme m'a submergée les yeux X'3

Chapitre XXX
 
 
 
Les mains de Joël serraient le draps qui les recouvrait autant qu’il le pouvait. Leurs regards parlaient pour eux. Ils étaient l’un et l’autre désolé. Joël sentait les larmes venir, et bientôt elles coulaient sur ces joues chaudes.
 
-         Joël.. Ne pleures pas, je t’en pris. Ca ne servira à rien.
 
Ces mots n’avaient qu’attisé la tristesse et le désespoir de l’amant, qui se cachait à présent le visage de ses mains tremblantes.
 
L’asiatique le prit dans ses bras, et l’enlaça aussi fort qu’il le pouvait. Il tenait cruellement à lui, il était.. Dépendant de cet être… C’était difficile à se l’avouer, lui qui s’était juré de ne pas s’attacher à quelqu’un de la prison. Ses sentiments avaient été plus fort.
 
-         .. Kei, tu te rends pas compte ou quoi ?! S’énerva Joël, perdant patience.
 
Il n’avait pas trouvé autre chose à exprimer qu’une colère passagère.
 
-         T’es en train de dire qu’on va devoir se quitter ! Et tu le dis d’une façon si indifférente que je crois que ça ne te fais rien !
 
Le cœur de Takeshi se serra. Comment Joël pouvait croire une telle chose de lui ? Le japonais prit les épaules de son partenaire en main, et le plaqua au lit.
 
-         Je t’interdis de penser ça une seule seconde.
 
Il lui vola un baiser. Joël ne le repoussait pas, mais n’y répondait pas non plus. D’une voix rauque, Joël dit tout en étouffant ses reniflements :
 
-         Kei… Tu restes, je reste..
 
Les battements de cœur de l’asiatique s’accélérèrent. Plusieurs minutes passèrent où Takeshi restait là, la tête au dessus de son amant, qui lui fuyait son regard, son souffle chaud, ses lèvres.
 
-         Joël, ne t’avises plus jamais de dire ça. Tu ne mérites pas d’être enfermé. Tu entends ? Je ne serais heureux que si tu sors de ce trou pour vivre.
-         Et moi je ne serais heureux qu’ici, avec toi ! Dehors, je ne vivrais pas, je mourrais ! Arrêtes de faire ton égoïste et pense un peu à ce que je ressens !
 
L’asiatique eut un soupire de culpabilité. Il baissa son regard, puis le reporta sur les yeux de son compagnon.
 
-         Je sais ce que tu ressens. Tout ça c’est ma faute, depuis le début. Ton innocence m’a attiré, je me suis attaché à toi, et.. Et je t’ai aimé.. Tout en te cachant ça… Excuses-moi Joël.
 
Celui-ci se redressa vivement, et donna une tape au crâne du japonais, qui retentit comme un « Poc ! ».
 
-         Espèce d’idiot ! C’est pas ta faute, tout ce qui m’est arrivé ici, je ne le regretterais jamais ! C’est décidé, je reste, je ne ferais pas ce procès ! Et c’est pas toi qui me feras changé d’avis !
 
Keisuke le regarda avec une lueur d’admiration et du parfait amour dans les yeux. Jamais il n’aurait cru qu’un jour, un homme gâcherait sa vie pour lui, pour être à ses côtés, à deux.
 
-         Tu as l’air décidé, je vois.
-         Complètement ! Demain j’appelle mon avocate et j’annule tout.
-         Joël, je répète quand même que t’es bête de faire ça.. Je préfère que tu aies la liberté, je n’aurais pas la conscience tranquille si je sais que tu restes ici rien que pour moi.
 
Joël soupira exagérément fort, puis se recoucha, Keisuke le suivant dans son élan. Ils fermèrent les yeux, et Joël ne put s’empêcher de se blottir contre le torse du japonais, qui répondit à son étreinte.
 
Joël s’endormit sans difficulté, l’odeur de l’asiatique remplaçant le comptage de mouton..
 
 
Le bruit métallique des cellules qui s’ouvraient réveilla Joël, qui émergeait cinq minutes plus tard, quand il sentit le corps de son amant se lever. Quand il ouvrit les yeux, la cellule était vide.
 
Devant l’entrée des barreaux défilaient les gardes et les pénitenciers qui s’en allaient manger ou prendre une douche.
 
Dieu que c’était vide, sans Dylan. Faudra qu’il s’y habitue.
 
Une tête souriante apparue dans son champs de vision.
 
-         Keiii t’étais où ?
-         Toilettes, ça devenait urgent. Allez viens, on va s’laver ! Et puis y a des sandwich au déjeuné, et j’ai f..
-         Ok ok, attends-moi !
 
Joël se leva, s’étira et, à son aise, enfila l’uniforme.
 
-         Va pas trop vite, surtout..
-         D’accord !
 
Il alla plus lentement, sous l’œil interrogatif de son amant.
 
-         Joël..
-         Moui ?
-         Quand t’es comme ça c’est que tu me boudes. J’aurais oublié quelque chose ?
-         Peut-être..
 
Joël lui lança un regard provocateur, suivit d’un sourire coquin.
 
-         Ho d’accord, je vois.. Chuchota Kei tout en se rapprochant. J’ai oublié le baiser du matin ?
 
Joël hocha la tête tel un enfant gâté. Il sauta aux bras de Takeshi, qui le portait en le sous tenant par ses fesses, l’adossant contre le mur. Les fines lèvres de l’asiatique se posèrent sur son cou, suçant lentement sa peau. Elles remontèrent vers les oreilles, qu’elles mordillèrent un court instant.
 
-         Embrasses-moi.. Souffla Joël entra deux coup de langues agréables qu’il reçut au lobe.
 
Le japonais ne se fit pas désirer plus longtemps, et prit avidement la bouche de son amant, entremêlant sa langue à celle de Joël.
 
-         Tu veux pas me faire l’amour avant d’aller aux douches ? Le supplia presque.
-         Je crois que je vais faire mon sadique et te laisser dans ce piteux état ! Rit Keisuke.
-         Nooooon tu peux pas faire ça !!
 
Mais l’asiatique ne l’entendit pas de cette oreille et se dirigeait déjà vers les douches.
 
 
Dix minutes plus tard, ils se retrouvaient assis à leur table habituelle, en retrait.
 
-         Et.. Normalement, ton procès, c’est quand ?
-         Hmm.. Cinq jours.
-         Oh.. Et.. Et tu vas l’appeler quand, ton avocate ?
 
Joël s’arrêta de manger, et tourna son regard vers le japonais.
 
-         Avant d’aller au TP. Toute façon aujourd’hui on va pas au champ, faut refaire le mur à cause des autres cons.
-         Ca tombe bien, j’en avais marre du champ..
-         Mais non chéri ça te fait des muscles !
 
 
Finalement, Joël n’avait eu le temps d’appeler qu’après les TP. Il venait de composer le numéro personnel de Jamilla, et attendait désespérément qu’elle réponde.
 
-         Bureau Flavia Jamilla, j’écoute ?
-         Salut !
-         Joël ! Pourquoi tu m’appelles, il y a un problème ?
-         Non, rien de ça. Je voulais vous avertir que.. J’avais changé d’avis..
-         Sur quoi donc ?
-         Le procès.. Je… Je ne veux plus qu’il y ait lieu…
-         Joël ! Puis-je savoir ce qui t’arrives ?!
 
Celui-ci soupira de lassitude. Que c’était emmerdant de se répéter cinquante fois. Car oui, il avait appris par cœur ce qu’il allait dire, et là, tout tombait à l’eau.
 
-         Ne me répond pas, Joël. Je viens te voir aujourd’hui, ok ?
-         Ok.. Lâcha Joël, qui ne voulait pas vraiment qu’elle se pointe là.
 
Il aurait encore plus mal de le lui dire en face. Quand il raccrocha, il se dirigea vers Keisuke qui jouait au basket ball avec quatre autres pénitenciers.
 
Il mit ses mains dans ses poches et le regardait taper sur cette ball qui ne le quittait jamais.
 
Bon au pieu, bon au échec, bon au ballon.. Il doit être là depuis longtemps…
 
Joël chassa cette pensée qui ne l’amusait guère quand Keisuke s’approcha de lui.
 
-         Alors ? Fit-il en s’essuyant le front en sueur.
-         .. Chéri, va prendre une douche, puis on discutera… Se moqua Joël.
-         Très drôle ! Ma douche je pourrais la prendre que ce soir, faudra t’y faire !
-        
-         Arrêtes de me regarder comme ça..
-        
-         Bon ok j’y vais prendre cette douche !
 
Joël eut un sourire victorieux, et regardait son amant traverser la cour en douce vers les douches. En fait, ce qu’il avait voulu, c’était éviter le sujet…
 
… Mais n’empêche que la transpiration était au rendez-vous !
 
Joël alla piquer la conversation chez d’autres taulards un peu plus âgés que lui. Alors qu’il racontait une de ces mésaventures, son regard croisa soudain celui d’un garde blond, qui s’approchait de lui et la bande.
 
Mais qu’est-ce qu’il fiche là..
par Inki Inochi
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Dimanche 28 octobre 2007
Chapitre XIX
 
 
Les TP avaient duré plus longtemps que prévu, au plus grand malheur de tous. Rentrés au sein de la prison, Joël courra directement vers la cafétéria, comme la plupart des prisonniers. Il avait une faim de loup, et seul un truc à bouffer satisferait ses désirs !
 
-         Des pâtes ? DES PATES ? ILS SE FOUTENT DE NOUS !! Hurla Joël, enragé.
-         Et y a même pas de sauce ! Rajouta Keisuke, dégoûté.
-         En plus de ça y a un cheveux gris du gros cuisinier !
-         Et je suis sûr qu’il ne s’est même pas lavé les mains.. Réprimanda Le japonais.
 
Les deux amants se fixèrent.
 
-         Dégoûtant !! Lâchèrent-ils en même temps.
 
L’asiatique soupira, et se contenta de ne manger que du pain, et rien que du pain.
 
-         J’suis outré ! Fulmina Joël.
 
Keisuke acquiesçait, son partenaire avait tout à fait raison.
 
-         Je suis vraiment en colère !
 
Entièrement..
 
-         En plus j’ai faim !
-         Fais comme moi mon amour, mange du pain.
-         C’est toi que je vais manger si tu continues à me regarder comme ça ! Le taquina Joël.
 
Keisuke haussa les épaules faussement choqué. Finalement, Joël lui mangea les lèvres, c’était tout aussi délicieux de des pâtes sans sauce..
 
« L’heure des visites »
 
-         Ouaiis !!
-         Pourquoi t’es si content ?
-         Zoé va v’nir ! Et j’paris que y’aura Dylan !!
-         Il vient de partir, je crois pas qu..
 
Joël s’était déjà levé pour suivre le gardien qui les accompagnait jusqu’aux salles. Quand la porte s’ouvrit, son cœur allait s’arrêter. A une table étaient présents ses parents, son avocate, et Isabelle..
 
Ne regardant aucuns d’eux, il s’avança lentement, et s’assit de façon à n’être à proximité de personne.
 
Il y eut un moment de silence, où la mère de Joël se retenait de pleurer de culpabilité. Son fils ne lui pardonnerait jamais d’avoir douté de lui. Ce fut Flavia qui brisa le silence.
 
-         Bonjour Joël. Comme tu vois, j’ai amen..
-         Oui, et t’aurais pu me prévenir ! Je ne voulais pas les voir !
-         Joël ! S’exclama sa mère. Je.. Tu dois nous pardonner ! Cette jeune fille avait pleuré, et nous avait dit en nous regardant droit dans les yeux que tu abusait d’elle !
 
Joël eut un rire ironique.
 
-         Et vous l’avez cru elle à la place de votre propre fils.. Vous me connaissiez mieux que quiconque, et pas une fois vous n’êtes venu me rendre visite !
 
Son regard tourna vers une jeune fille aux longs cheveux blonds.
 
-         Isa’.. Tu n’as rien à dire ?
 
Maintenant qu’ils les avaient en face d’eux, il pouvait y avoir règlement de compte. Et il n’allait pas se gêner pour tous les faire culpabiliser. Ils allaient, chacun d’eux, avoir honte de leur acte.
 
-         Joël, pitié, tu dois me comprendre ! J’ai fait ça à contre cœur, je n’avais pas le choix !
-         Si, tu avais le choix. Mais t’as été égoïste, voilà tout. Cela dit, on est pas là pour parler de ça, mais pour me faire sortir d’ici. Toi, tu témoigneras en ma faveur, mais jamais je ne te pardonnerais.
 
Il se tu, lançant à son avocate un regard tout de même reconnaissant. Grâce à elle, il avait pu un peu s’ouvrir.
 
-         Joël, nous avons l’accord du Juge pour ton procès. Nous avons la date. C’est dans cinq jours, Annonça-t-elle avec un grand sourire.
 
Joël, dans son cœur, il était sensé être heureux, sourire, joyeux et heureux pour lui. Mais ça n’avait pas été le cas. C’était un délais court. Cinq jours.. Cinq jours restant pour être auprès de Keisuke.. Et après plus rien.
 
C’était ça, leur histoire ? Allait-elle s’arrêter si brusquement, par une séparation irrémédiable ? Joël devait absolument annoncer à Kei qu’il allait être libre. Mais comment le dire ? Allait-il seulement ne pas lui en vouloir d’avoir fait ça sur son dos.. Allait-il comprendre… ?
 
-         Cela dit, Joël, je vous laisse avec les vôtres !
 
Sur ces mots, elle s’en alla, échangeant une poignée de main avec son client. Isaline préféra la suivre, elle ne se sentait plus la bienvenue.
 
-         Joël.. Mon chéri… Tu n’as pas l’air d’apprécier la nouvelle. Que se passe-t-il ?
-         Comme si ça vous regardait !
 
Sa mère soupira. Evidemment, elle regrettait de s’être voilée la face ainsi. Ce que Joël ne savait pas, c’est que son père n’était pas venu sous les supplications de la mère. Lui, il avait cru en son fils, et ça depuis le début. Mais la vanité ne faisait pas partie des défauts du père de Joël. Alors il se contenta de taire cette petite parenthèse, de toute manière, Joël voyait déjà d’un très mauvais œil sa mère.
 
-         Chérie, tu peux nous laisser ?
 
C’était plus un ordre poliment demandé qu’une question. La maman, perdue, se leva, et sorti de la salle sans broncher son mécontentement à voix haute.
 
-         Joël ?
 
L’intéressé ne répondit pas, mais écoutait, très attentif. Son père a toujours été là pour lui. Il avait joué à la fois le rôle de la mère, et le rôle du père. Ils étaient similaires, l’un et l’autre. Alors il ne comprenait pas pourquoi son père n’avait pas cru en son innocence. C’était louche. Et dur à supporter.
 
-         Joël, écoute, je..
-         Pourquoi tu n’es pas venu me voir ?
 
Il y eut un moment de silence où le père évitait le regard pesant du fils.
 
-         Excus..
-         On était bien, nous, avant ce mal entendu. Je ne t’ai jamais menti, alors pourquoi.. Je m’étais senti seul..
 
Bon allez.. C’est pas très vrai, je me faisais quand même sauter par le plus beau mec, mais faut bien se donner un peu en spectacle, non ?
 
-         Je suis désolé Joël. C’est ta mère qui.. Enfin… Qui ne voulait pas, en quelque sorte, que tu..
-         Bah oui, maman ! Elle fourre toujours son nez partout ! Je la hais plus qu’avant !
-         Ne parles pas comme ça Joël. Elle était déchirée !
-         Mmh..
 
Son père se leva, après qu’il eut fait, en autre, la paix.
 
-         Ha oui, Joël. Zoé va venir après moi, accompagné d’un charmant jeune homme, tu vas l’aimer, il est très drôle ! Sourit-il avant de passer la porte surveillée.
 
Joël sautait intérieurement de joie. Il savait que Dylan allait venir aussi vite ! Et son frère lui manquait comme pas possible ! Deux hommes entrèrent, les mains collées l’une sur l’autre, les doigts entremêlés.
 
-         ZOEEE !!
 
Joël sautait dans les bras de son aîné.
 
-         Zoé tu m’as manqué !!
-         Tant que çaaa ? Bon allez, descend de là, tu vas de toute façon bientôt sortir d’ici pour refaire de ma vie un enfer !
 
Joël se rassit, fixant de plus près le petit couple. Dieu qu’ils étaient mignons, à deux.
 
-         Alors.. Les retrouvailles.. Elles se sont passées comment ? Demanda-t-il d’un ton coquin aux deux amants.
 
Ceux-ci rougirent violemment, surtout Dylan, qui aurait voulu se cacher.
 
-         Elles se sont passées dans mon pieu, Joël ! Répliqua Zoé qui ne voulait pas se faire rabaisser par son cadet.
 
Leur discussion dura une bonne heure. C’était la première fois que Joël avait pu rester aussi longtemps dans cette salle de visite, d’habitude c’était jamais plus de dix minutes.
 
-         Alors ! S’exclama Dylan. J’espère que tu l’as pas trop mal pris, Jo’.
-         De quoi ?
-         Bah.. Le sec.. Euh.. Keisuke t’as pas parlé ?
-         Parlé de quoi ? Insista Joël, qui commençait à perdre patience.
 
Dylan soupira et jura dans son coin. Il avait parlé de ça à son compagnon.
 
-         Rien, Continua l’ex prisonnier. Absooolument rien.
-         T’es nul Dylan, Dit moi..
-         Il le fera lui-même.
 
Ca j’en doute, mon amoureux il est très réservé quand il le veux !
 
-         Joël, tu feras quoi quand tu sortiras d’ici ? Pour Tak’, je veux dire..
-         Héhé ! Keisuke il va te tuer s’il sait que tu le surnommes « Tak’ » dans son dos !
 
Dylan fit la moue en riant. C’était pas faux, Keisuke aurait pu l’étriper. On ne pouvait rien faire sans l’accord du japonais !
 
-         Bah.. Quand je sortirais… J’attendrais impatiemment que Keisuke finisse sa peine pour faire ma vie avec lui !
 
Tandis que les deux amants retrouvés eurent un triste sourire en coin, Joël rêvait déjà de son avenir avec Takeshi Keisuke.
 
Le soir même, Joël et Kei avait rejoint leur cellule.
 
-         Alors Dylan il est vraiment venu te rendre visite ? C’est vraiment bizarre, en tant normal, il aurait pris son temps pour baiser son mec jusqu’à épuisement. Etrange que tu sois passé au statut privilégié !
 
Alors que Joël attendait que Takeshi le rejoigne dans le lit, il eut un sourire moqueur.
 
-         Tu dis ça parce que t’es jaloux !
-         Et de quoi, hein ? Je t’ai toi, et c’est parfait.
 
Une fois au chaud, l’asiatique le prit dans ses bras, et commençait déjà à caresser le torse de son amant. Keisuke enfouit sa tête sous les couvertures.. Joël eut un hoquet de surprise en sentant son bas de pyjama descendre jusqu’à ses genoux en même tant que son sous vêtement…
 
Bientôt, une langue taquine vint titiller son gland avec insistance, longeant ensuite son érection de long en large, procurant à Joël une chaleur brûlante au cœur, et partout dans son corps…
 
Son sexe durcit fut très vite accueillit dans un antre humide et chaud.. Les va-et-vient du japonais étaient rapides, et il n’a fallu qu’un court moment à Joël pour jouir dans la bouche de son amant…
 
Le corps nu de l’asiatique vint se poster au dessus de Joël.
 
-         Dis donc mon ange, tu te contiens de moins en moins, j’vais finir par changer de partenaire si ça continue ! Se moqua Keisuke tout en caressant les fesses blanches de Joël.
-         Tu.. Dis ça… Mais.. Tu ne le feras jamais… Soupira le soumis entre deux baisers.
 
Takeshi s’attaqua au cou qui lui était offert. Alors qu’il mordillait un lobe d’oreille dont le propriétaire frissonnait d’un plaisir évident, deux de ses doigts préparaient son amant à leur prochain ébat amoureux.. Joël gémissait en sentant le sexe imposant de son amant pénétrer en lui avec une douceur calculée. Ses mains agrippèrent les épaules du japonais en même tant que des déhanchements furtifs, bientôt brutaux, naissaient…
 
 
Au milieu de la nuit, ils étaient toujours réveillés et silencieux.
 
-         Kei, je dois te dire quelque chose..
-         Je sais déjà que tu m’aimes.
 
Joël ria.
 
-         Non, ce n’est pas ça, mais oui, je t’aime toujours autant..
-         Alors c’est quoi ? Demanda Keisuke en regardant le plafond.
 
Prenant une grande inspiration, il se s’assit sur le petit lit. Il tourna son visage vers Takeshi, qui le fixait d’un air serein.
 
-         Je.. Je vais sortir d’ici bientôt…
 
Un silence pesant suivit la révélation de Joël. Il ne quittait pas le regard de son partenaire. Ses yeux bridés furent bientôt emplis de larmes qui n’allaient jamais couler.
 
Takeshi tourna, dos à Joël.
 
-         Je suis content pour toi, Déclara-t-il avec une indifférence qui fit peur à Joël.
-         Kei.. Souffla-t-il avait de pleurer à chaude larmes.
 
L’intéressé lui en voulait de lui avoir cacher une telle chose. Malgré tout, il ne supportait pas de le savoir mal. Et puis, lui aussi lui cachait quelque chose qu’il aurait avouer dès le début..
 
Il l’enlaça.
 
-         Ne pleure pas Joël, de toute manière, tu n’as rien à faire dans une prison.
-         Kei, je t’en pris, crois-moi ! Je.. Je t’attendrais, et on vivra ensemble ! On s’achètera une maison, loin de tout, et.. Et on vivra, toi et moi.. A deux… Je te le promet…
 
Keisuke avait mal au cœur d’entendre ça. Oui, il aurait voulu que tout se passe comme ça. Il aurait voulu que tout se passe bien.
 
Joël avait son visage au creux de l’épaule de son amant. Ce qu’avait murmuré Keisuke d’une voix rauque le ramena pied sur terre, supprimant ses rêves qu’il venait de conter à son compagnon..
 
-         Je suis condamné à perpétuité, Joël.
par Inki Inochi
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Jeudi 25 octobre 2007
Chapitre XVIII
 
 
Un souffle froid sur sa nuque le réveillait lentement de sa chaude nuit passée. Il tourna la tête, et sourit en voyant la personne qui lui faisait battre le cœur. Joël caressa une de ces joues, et releva la tête afin de poser ses lèvres sur la bouche délicieuse de Keisuke.
 
-         J’adore quand t’es aussi matinal mon amour..
 
L’asiatique ria tout en se levant. Il agrippa la main de Joël, et le colla au mur le plus proche.
 
Ils se reprirent les lèvres pour un échange plus torride. Joël laissa sa main aller sur le torse nu du japonais, frôlant du bout de ses doigts les fesses parfaites de son amant..
 
-         A LA CAFET’, ET QUE CA SAUTE ! Cria un garde qui passait par là.
-         Baka gaijin.. Jura Kei en lâchant Joël qui râlait déjà.
 
Ils s’habillèrent à leur aise. Après un moment où Keisuke avait l’air songeur, Joël vint à sa rencontre, l’enlaça au niveau de la taille, et posa son menton sur l’épaule de son compagnon.
 
-         Kei, y a un truc qui te trottes le crâne ?
 
Celui-ci mima un bref « non » de la tête, et se défit de l’étreinte de Joël, qui resta septique un moment.
 
-         Bon, on va manger ? Souriait Takeshi en tendant une main vers Joël, qui la prit sans hésiter.
 
Alors qu’ils marchaient vers la cafétéria, Joël repensait à sa conversation avec Isabelle. Aujourd’hui, il devrait appeler sa nouvelle avocate, afin de lui faire part des dernières nouvelles. Maintenant qu’il savait qu’Isa témoignerait pour lui, devait-il tout dire à Keisuke ? Il n’en savait rien.. Il jugeait donc bon d’attendre encore un peu.
 
Durant le repas, Dylan les avait rejoint.
 
-         Dans trois heures je suis parti les gars, vous avez pas l’air de vous en soucier !
-         Moi pas, lui oui, Rétorqua Keisuke qui mordait dans son sandwich.
 
Quand Dylan détourna son regard vers Joël, il n’eut pas le temps de dire « Ouf » que celui-ci lui sautait déjà dessus.
 
-         Dylaaaaaan pour hier soir j’suis désoléééé !! Kei m’a allumé, j’pouvais pas refuseeeer !
 
Le japonais haussa un sourcil.
 
-         TU m’as allumé ! Non mais je rêve !
 
Joël ignora sa remarque, car justement, elle n’était pas fausse.
 
-         J’viendras avec toi pour te dire Bye !
-         Tu pourras pas.. Faudra se quitter à la sortie de la cours, c’est tout..
 
Keisuke émit un soupire exagérément fort et dit bien haut et fort, comme pour montrer qu’il existait toujours :
 
-         Comme c’est touchant, on dirait un petit couple !
-         Arrêtez, vous allez me faire pleurer ! Rajouta un autre blanc, qui fut bien vite fusiller par le regard pénétrant de Takeshi.
 
Joël lâchait enfin Keisuke et s’assit sur ses genoux.
 
-         Kei.. Si quelqu’un qui t’es proche s’en va, tu fais quoi, toi ?
-         Rien.
-         Et si moi je m’en vais ?
-         Tout.
 
Keisuke fixait toujours son amant intensément, à qui le cœur battait la chamade. Joël logeait son front sur celui du japonais, déposant un timide baiser sur son nez.
 
-         Joël, je ne raconte pas n’importe quoi. Si tu t’en vas, je m’enfuirais d’ici pour te rejoindre, alors ne me regarde pas comme si je venais de te demander en mariage.. Ca devient gênant…
 
Joël riait, les yeux en pleur. Dans son cœur, l’émotion était à son maximum. Il n’en pouvait plus du romantisme de son conjoint.. Il se jeta donc littéralement à ses lèvres, le serrant dans ces bras plus fort qu’il n’aurait du.
 
Lui qui avait pensé avouer à son compagnon qu’il allait peut-être s’en aller d’ici, il avait tout simplement bien fait de ne rien dire. Le temps ferait les choses toute seule. Et il n’allait pas s’interposer…
 
Deux heures plus tard, Joël se retrouvait avec Dylan dans la cour, accompagné de tous les autres qui ont été ses proches un temps. Les larmes coulant à flot sur ses joues, Dylan disait juste des « Au revoir » à ses amis de longue date, même si jamais il ne les reverrait dehors, dans un café, à boire comme de vieux amis..
 
Quand Dylan passa à côté de Keisuke, ils se regardèrent longtemps dans le blanc des yeux.
 
-         Je ne t’ai jamais détesté, Lewys.
-         Je sais ! Souriait l’intéressé.
-         Je t’ai carrément haï ! Riait Takeshi.
 
Dylan fit un moment la moue. Après s’être échangé quelques mots amicales, Dylan se pencha à l’oreille du japonais, et lui chuchota :
 
-         J’espère que tu vas arrêter de lui cacher ça plus longtemps, Takeshi. Il ne mérite pas que tu lui mentes.
 
Après ces quelques mots, il alla enlacer Joël, qui se demandait ce qu’avait bien pu murmurer Dylan à Keisuke. Celui-ci restait la tête légèrement baissée, les yeux rivés vers le bas. Il ne disait plus rien, et ça jusqu’à ce que Dylan franchisse le dernier seuil qui les séparerait.
 
-         Je reviendrais te faire chier en salle des visites, Jo’ !
-         Ouais, et tu viens avec mon frère ! Le taquina Joël à son tour.
 
La dernière vision qu’eurent les pénitenciers de Dylan, c’était un type aux joues toutes rouges due à la réplique d’un Joël amusé.
 
Alors que tout le monde se dispersait dans la cours vers le car qui les mènerait au TP, Joël restait debout, pensif.
 
-         Voilà.. Il est parti…
-         C’est pas comme s’il était mort. Tu devrais, justement, être content pour lui.
-         Mais je le suis ! Allez, porte-moi ! Riait Joël en sautant aux bras du japonais, qui fut obligé de le rattraper avant qu’il ne tombe.
 
Joël balançait les jambes doucement, tout en entourant de ses bras le cou de son amant, et parsemait de baisers les moindres recoins qui lui étaient offerts.
 
-         Je savais pas que toi et Dylan étiez des petits cachottiers !
-         Hein ? Grogna Keisuke alors qu’ils s’asseyaient au fond du bus.
-         Bah, ouais, avant de partir, Dylan il a fait des messes basses ! J’aime pas ne pas savoir !
 
L’asiatique haussa les épaules, et posa sa tête sur l’épaule de son partenaire. Il avait soudain besoin de son réconfort. Et visiblement, il commençait à culpabiliser sur l’effet que son petit secret ferait à Joël.. Lui mentir était un vrai fardeau. Dylan l’avait remarqué, et il l’avait rappelé à l’ordre… Mais jamais il ne pourrait trouver la force d’avouer ça…
par Inki Inochi
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