Vendredi 14 décembre 2007
Chapitre XXXII
Keisuke n’avait rien compris quand un gardien lui annonça de le suivre « Sans faire d’histoire ». Il avait d’abord cru à un appel à la direction, mais il
s’étonna quand il se trouva face à la salle des visites.
Tandis qu’il se faisait fouiller par le garde avant de faire son entrée, il pensait à cette chose inhabituelle. Depuis qu’il était enfermé ici, jamais personne ne lui
avait rendu une quelconque visite. Alors il trouva vraiment absurde que cela lui arrive du jour au lendemain…
Il entra lentement dans la salle, toujours dans ses songes…
Vraiment bizarre.. Je me demande c’est qu..
- Joël !? S’étonna-t-il quand il
vit son amant, qui baissait la tête, tandis qu’une femme métisse debout à ses côtés lui tendait une main bienveillante.
- Bonjour. Flavia Jamilla, enchantée
d’enfin faire ta connaissance !
Ah, d’accord. Takeshi comprenait tout, maintenant. C’était « L’avocate ». « Celle qui arrangeait les problèmes ». Il eut un rire ironique qui fit
baisser la main de la femme. Le japonais se retournait afin de s’en aller. Il n’avait rien à faire ici ! C’était vraiment du foutage de gueule !
Joël, qui avait prévu ce rejet, se leva et enlaça l’asiatique par derrière. Celui-ci s’arrêtait de marcher sous cette étreinte.
- Kei.. S’il te plaît…
Mon amour… Je te demande juste.. De l’écouter…
Takeshi eut le cœur serré quand il sentit les larmes chaudes de son amant couler sur sa nuque, et quand cette voix rauque lui parvint aux oreilles… Cela dit, il ne
changea pas d’avis. Il trouvait vraiment humiliant qu’on ait pitié de lui, il détestait ça et ce sentiment désolant. Il n’avait besoin l’aide de personne.
- Je n’ai demandé l’aide de personne.
Personne, tu entends ? Ca veut dire que la tienne non plus ! Je ne veux pas de votre putain de pitié !
A ces mots blessants, Joël resserra ses bras aux épaules de son compagnon, qui malgré ses paroles, n’était toujours pas parti. Keisuke n’avait pas le droit de dire une
chose pareille. C’était digne de ceux qui se voilaient la face. Digne des perdants.
- Kei, comment peux-tu croire que
c’est de la pitié ?! C’est une aide ! Tu veux vraiment rester coincer ici toute ta vie ?!
- Ca ne regarde que moi, je suis
désolé.
Il retraça ses pas, obligeant à Joël de le lâcher par un simple regard inexpressif. Quand Joël tourna son visage vers l’avocate, celle-ci souriait béatement.
- Je sens qu’il ne faudra que
quelques faits et paroles insistants pour qu’il cède ! Joël, je t’assure ! Son corps entier réclame cette aide ! C’est juste lui et sa fierté qui coincent !
Le pénitencier eut un triste sourire aux lèvres. Flavia le regardait un instant, et reprit sa petite mascarade :
- Et même s’il ne cède pas, Joël, tu
vas sortir d’ici, c’est moi qui te le dis !
La motivation de l’avocate lui fit un peu peur, il savait qu’elle obtenait ce qu’elle voulait rien qu’à voir sa détermination.
- Je te laisse une nuit pour le
convaincre. Après quoi, je reviendrais. Bonne fin de journée ! Lança-t-elle en un sourire coquin.
Une nuit pour le convaincre.. ?
En plein dans ses pensées, où défilaient des milliers d'image de Keisuke dans des positions quelques peus compromettantes, Joël se dirigeait vers la cours, où les minutes de leur deux heures de répits s’écroulaient lentement.
En plein dans ses pensées, où défilaient des milliers d'image de Keisuke dans des positions quelques peus compromettantes, Joël se dirigeait vers la cours, où les minutes de leur deux heures de répits s’écroulaient lentement.
Pourquoi Keisuke refusait-il cette aide ? Etait-ce vraiment à cause de sa fierté ? Jamilla avait-elle raison ? Ou.. Ou était-ce, simplement, qu’il ne
voulait pas sortir d’ici ? Qu’il se foutait de leur amour, leur vécu ?
Cette hypothèse lui fit froid dans le dos. S’il sortait d’ici sans Takeshi, une fois dehors, il ferait tout pour y revenir. C’était aussi simple que ça, vivre sans son
âme sœur lui était impossible.
- Bonjour jeune homme !
S’exclama une voix.
Joël leva les yeux pour découvrir un visage souriant, un regard amical, un regard rieur. Bref, c’était le gentil Valentin en personne.
- Tu m’as l’air bien pâle ! Que
se passe-t-il ?
L’interpellé écarquilla encore plus les yeux. Quelle étrange sensation il ressentait là, à voir Val lui parler si poliment.. Si gentiment… Oh god, il ne s’y habituera
jamais !
- Tu es seul ?
- Non…
- Ah ! Tu as un ami
fantôme ? Rit bêtement le gardien.
Joël émit un soupir las tandis que Valentin s’assit à ses cotés.
- Allez, raconte-moi
tout !
- Je ne crois pas que ça
t’int..
- Bien sûr que si !
Le prisonnier décida d’être franc. C’était tout de même VA-LEN-TIN. Celui qui l’avait violé. Celui à qui il avait dit « Non ».
- Je n’ai pas envie d’en parler,
c’est tout.
- Très bien ! Alors je vais le
faire. Sais-tu pourquoi les autres gardes me supplient de « Redevenir comme avant » ?
- Non. J’espère juste que tu ne vas
pas les écouter.
Valentin hocha brièvement la tête, le regard perturbé. Joël ne put s’empêcher de le regarder longuement. Val avait changé, et il dirait bien « grâce à lui ».
Sans ce coup à la tête, il serait resté le connard qu’il était.
- Dit.. Commença Joël,
hésitant.
- Oui ?
- Je.. Je pense que la prison n’est
pas un endroit pour toi.. Tu ne devrais pas bosser ici.
Valentin haussa un sourcil, ne semblant évidemment pas comprendre. Joël, lui, était nostalgique. Ce qui était arrivé avant l’accident de Val le navrait, il serait
préférable pour Val qu’il prenne, enfin, un nouveau départ ailleurs.
- Une partie de toi ne veut pas être
là.. Je sais ce que je dis, tu devrais démissionner.
Joël le laissait sur ces mots, il n’avait plus du tout envie de discuter. Il cherchait vainement Keisuke du regard, sans le trouver. Il rejoignit alors sa cellule, où
le corps du japonais était allongé sur le matelas..
Joël ôta ses chaussures laides pour s’enfoncer sous les draps avec l’asiatique, qui gardait les yeux fermés. Il émit un petit rire discret. Ce que Kei pouvait être
con, parfois !
- Je sais que tu ne dors pas,
Kei !
- Tant mieux pour toi, moi je sais
que j’essaye de dormir.
Le japonais lui tourna le dos. Joël fulmina intérieurement. Il n’allait pas se laisser ainsi faire ! Il monta sur le japonais afin de passer de l’autre côté, lui
faisant à nouveau face.
- Joël, arrête de
m’emmerder !
- Pourquoi refuses-tu mon
aide ?
L’asiatique soupira d’une lassitude évidente et changea de position une seconde fois.
- Kei ? Keeeeei ! Kei
Kei Kei Kei Kei Kei Kei Kei Kei Kei Kei Kei Kei Kei Kei Keeeeeeeeeeei !!! KEI je vais pas te lâcher, crois-moi !
- JOEL ! Ca suffit ! Tu
n’es pas un gamin, merde !
- Hooo mon amour, c’est bien la
première fois que tu perds ainsi le contrôle ! Perdrais-tu patience ? Sourit Joël, qui suivait les fameux conseils de Flavia.
Takeshi lui lança un regard meurtrier avant de reposer sa tête sur le coussin.
- Tu es vraiment beau quand tu es
énervé, mon amour.. Y a tes fins sourcils qui froncent, ton regard incroyablement sexy posé sur moi.. Haa, j’en ai des chaleurs !
Joël ne le savait pas, mais dans son coin, l’asiatique avait un petit sourire satisfait aux lèvres. Il ne dit cependant rien, laissant son amant délirer tout
seul.
- Tu sais, mon cœur, si on sortait
d’ici.. On aurait un appartement rien qu’à nous… On fera l’amour dans toutes les pièces… La cuisine, le salon, et pour bien faire romantique, les toilettes aussi ! Ca te dit rien, tout
ça ?
Keisuke avait perdu son sourire. Et Joël avait perdu sa voix enjouée.. Il parlait à présent avec une tristesse perspective dans son ton…
Les joues de Joël se posèrent sur les épaules dénudées du japonais, qui frissonna en sentant les larmes de son compagnon mouiller sa peau.
Finalement, il le prit dans ses bras. Le voir pleurer par sa faute était la pire des choses qui pouvaient lui tomber dessus, surtout en ce moment. Il releva d’un revers
de main le menton de son amant, et essuya ses larmes du bout des doigts.
Keisuke lui vola par la suite un baiser langoureux, auquel Joël ne tarda pas d’y participer aussi.
- Kei.. Rép.. Réponds-moi…
L’asiatique aventurait ses lèvres sur le cou qui lui était offert, caressant d’une main leste les hanches fuselées qui, désormais, lui appartenaient. Tout l’être de son
amant était à lui, il ne devait pas l’abandonner. C’était la raison pour laquelle sa décision était prise…
Joël se laissa dominer par Takeshi, qui lui enleva son haut avant de se coller à son torse. Sentir son léger poids sur lui, son érection collée à la sienne, ne
faisait qu’attiser son désir constant imprégné dans son cœur.
Keisuke le rendait plus vif, plus ardent, plus déterminé… Plus amoureux chaque jour.
Une langue espiègle taquina un court instant ses tétons affermis, le faisant inconsciemment trembler de tout son long.
Quand Joël rouvrit les yeux, c’était parce qu’il ne sentait plus l’agréable chaleur du japonais contre son corps. Il remarqua, amusé de ne s’en être pas rendu compte,
qu’il était déjà en tenue d’Adam.
Il trouva affreusement vicieux que Takeshi ne l’ait pas laissé le déshabiller à sa guise ; C’est-à-dire lui déchirer à l’aide de ses dents tout ce qui était
qualifié de « Tissu ».
Joël empoigna vivement la nuque du japonais, l’attirant contre son corps pour un second baiser où il eut le plaisir de sentir la langue baladeuse de son jules jouer
avidement avec la sienne.
Petit à petit, le japonais atteignait le point sensible de son bien aimé ; Son bas ventre. Keisuke savait qu’il devait y passer lentement le bout de ses
doigts…
Il savait à quel point Joël aimait sentir sa bouche se poser délicatement plus bas.. Il savait que Joël adorait quand ses mains frôlaient l’intérieure de ses
cuisses…
Il savait que Joël le vénérait quand il le préparait de la plus délicieuse des façons..
Les débuts de gémissements impatients retentissaient aux oreilles de l’asiatique, qui était fier de son effet qui, oserait-il penser, ne laisserait personne
indifférent.
Remontant jusqu’au visage adorablement détendu de son conjoint, il laissa sa langue rôder sur tout le long du torse imberbe, y abandonnant des traces de sillon.
Takeshi glissait une main vers les cuisses de son amant, qu’il écarta doucement tout en l’embrassant avec une lenteur précise. Il pénétra lentement un doigt dans
l’orifice, suivit d’un deuxième, plus entreprenant.
Joël bougeait son bassin au rythme attribué par Keisuke, qui cachait son visage dans le creux des épaules du blanc.
- Oui, j’accepte..
Ses mots firent oublier à Joël la douleur qu’un certain troisième doigt lui procurait. Kei était d’accord.. Il acceptait son aide…